Le communicateur dominicain Santiago Matías, connu sous le nom de Alofoke, a rencontré de manière fortuite Moisés David Torres, le gardien cubain de hockey sur gazon qui avait quitté la délégation de l'île lors des Jeux centraméricains et des Caraïbes à Saint-Domingue, et il n'a pas hésité une seconde : il lui a proposé un emploi sur le champ.
La rencontre a été enregistrée dans une vidéo publiée sur Instagram qui a accumulé plus de 82 000 likes et près de 4 800 commentaires. Dans le clip, Alofoke reconnaît le jeune homme lorsqu'il lui dit qu'il est le cubain qui est resté : « Tu es le cubain qui est parti, non ? Que Dieu te bénisse, mon pote ». Lorsqu'il lui demande s'il a déjà un travail et que Moisés répond que non, la réaction est instantanée.
«Lundi, laisse-le entrer dans le bâtiment rouge. Je vais te donner un emploi», dit Alofoke à son collaborateur Damián, qui selon la vidéo se trouve souvent à la porte du siège du groupe médiatique.
Mais le geste ne s'est pas limité à des mots spontanés devant une caméra. Alofoke a ensuite confirmé sur son compte Instagram qu'il avait déjà consulté ses avocats pour formaliser le tout : « J'ai déjà parlé à mes avocats pour parvenir à un accord de travail digne, afin de pouvoir, avec le contrat, entreprendre les démarches pour un permis temporaire de résidence. Cuba peut être rassurée, Moisés est entre de bonnes mains. »
L'«Édifice Rouge» auquel fait référence Alofoke est le siège d'Alofoke Media Group, où elle opère sa station Alofoke FM 99.3, précisément la même plateforme sur laquelle Moisés Torres a raconté son histoire à la fin du mois d'août, dans l'émission « Esto No Es Radio ».
Lors de cette interview, l'athlète de 21 ans, originaire de Las Tunas, a relaté les conditions qui l'ont poussé à quitter la délégation le 24 juillet, devenant ainsi le premier sportif cubain à abandonner la délégation lors de cet événement sportif : des salaires de 3 500 pesos alors qu'un seul repas peut coûter entre 1 000 et 2 000 pesos, quatre heures d'entraînement quotidien sans alimentation suffisante, et vivre à 14 heures de sa famille à Las Tunas.
Torres a également averti que retourner à Cuba n'est pas une option : « Si je retourne à Cuba, la prison est ce qui m'attend. Il existe un code pénal qui s'appelle trahison à la patrie. Qu'est-ce qu'on peut vous infliger ? Huit ans de prison ».
Jusqu'au moment de sa rencontre avec Alofoke, le jeune homme était resté en République dominicaine sans passeport —retenu par la délégation cubaine depuis son arrivée— et sans emploi formel. Le geste du communicateur dominicain a été salué sur les réseaux sociaux comme un acte de solidarité qui, de plus, pourrait ouvrir à Moisés une voie pour régulariser sa situation migratoire dans le pays.
Al moins quatre autres athlètes cubains se sont également restés en République dominicaine pendant les Jeux de Santo Domingo, ce qui est devenu l'un des épisodes de désertion sportive les plus marquants des dernières années.
Archivé dans :