Le monde et Cuba à la mi-septembre

Basurero dans la rue Cuba et Teniente Rey. File d'attente pour la Banque. Image prise le 6 septembre 2026.Photo © CiberCuba

Aujourd'hui, j'ai reçu une vidéo d'une prison de l'Est cubain. On y voit un prisonnier commun complètement dénutri, famélique, réduit pratiquement à la peau et aux os, avec le corps couvert de lésions et de piqûres de punaises. Les images illustrent les conditions terribles dans lesquelles survivent de nombreux prisonniers communs et politiques à Cuba.

Pour le moment, je ne peux pas publier la vidéo car cela mettrait en danger la source qui me l'a transmise. Je vis une situation similaire à celle des vidéos que je recevais depuis la prison de Canaleta, à Ciego de Ávila, avant la protestation carcérale de mars. Pendant des mois, j'ai dû les conserver sans les diffuser. Ce n'est qu'après cette protestation que j'ai pu publier à la fois les images de l'émeute et des matériaux antérieurs.

Cette nouvelle vidéo expose de manière crue et éloquente le caractère infernal du système pénitentiaire cubain. À cause de la faim, de la saleté, des maladies, de la surpopulation et de la dégradation délibérée de l'être humain, ces prisons rappellent certains des traits les plus terrifiants des camps de concentration des totalitarismes du XXe siècle.

En plein milieu de cette réalité, il est encourageant que des institutions internationales prestigieuses reconnaissent le sacrifice de nos prisonniers politiques. La National Endowment for Democracy a décerné son Prix Démocratie 2026 à Félix Navarro Rodríguez, Maykel Castillo Pérez —Maykel Osorbo— et Luis Manuel Otero Alcántara. Il est également très important que le Parlement Européen examine, le mercredi 16 septembre, les cas de Félix Navarro et de sa fille Saylí Navarro, et qu'il vote le lendemain une résolution urgente sur leur situation et celle des prisonniers politiques cubains. Félix a été reconnu quatre fois comme prisonnier de conscience. Père et fille purgent des peines de neuf et huit ans, respectivement, pour leur participation aux manifestations du 11 juillet 2021. 

Le Comité de Gestion des Anciens Prisonniers Politiques Cubains, à travers une initiative menée par Normando Hernández, Pablo Pacheco et Ángel de Fana, soutient la candidature de Félix et Saylí au Prix Sakharov pour la Liberté de Conscience. Comme je l'ai dit il y a quelques jours depuis Washington, je considère qu'ils font partie des personnes qui méritent le plus à la fois cette reconnaissance et le Prix Nobel de la Paix.

Alors que 844 prisonniers politiques restent derrière les barreaux — 807 condamnés d'opinion et 37 autres prisonniers politiques, selon la classification de Prisoners Defenders — le monde est confronté à une dangereuse accumulation de conflits. Le prix du pétrole Brent a dépassé les 108 dollars le baril en raison de l'escalade au Moyen-Orient et des attaques contre les infrastructures et les routes énergétiques. Les craintes grandissent pour le détroit d'Ormuz et Bab el-Mandeb, des passages essentiels à l'approvisionnement mondial.

La Russie, de son côté, a attaqué avec un drone un train près de la frontière ukraino-polonaise. L'Allemagne a qualifié cet acte d'escalade calculée, tandis que la France a affirmé qu'il visait à intimider et à diviser les Européens. Les alliés du régime castro-communiste créent chaque jour davantage de problèmes sur la planète.

La Réserve fédérale revient au centre de l'économie mondiale. L'augmentation du pétrole a ravivé la crainte de l'inflation et les attentes d'une possible hausse des taux d'intérêt. Le rendement de l'obligation américaine à dix ans a dépassé les 5 %, son niveau le plus élevé depuis 2023, tandis que les actions technologiques ont réagi négativement.

Simultanément, le débat sur les risques de l'intelligence artificielle refait surface. Certains spécialistes demandent de ralentir son développement face à la possibilité que des systèmes avancés échappent au contrôle humain. L'Allemagne rejette l'idée d'arrêter l'innovation, bien qu'elle reconnaisse la nécessité de renforcer les mesures de protection et la coopération internationale. Donald Trump a minimisé certaines mises en garde et affirme que les États-Unis peuvent faire face aux risques sans renoncer à leur avantage technologique.

L'Iran revient au centre des tensions nucléaires après que Mohammad Eslami, le chef de son organisme atomique, a été empêché d'assister à une conférence de l'AIEA à Vienne. La Chine montre des signes de faiblesse économique, l'Arctique se transforme en un autre théâtre de compétition stratégique et la compagnie aérienne lettone airBaltic a demandé une protection en vertu du Chapitre 11 américain, affectée, entre autres facteurs, par la hausse des prix du carburant et les perturbations causées par la guerre avec l'Iran.

Alors que ces crises alarmantes touchent la planète, Cuba languit. La malnutrition, les inégalités, la misère, la répression et les injustices augmentent. Notre nation recule à une vitesse vertigineuse, comme si elle avançait à une vitesse hypersonique vers l'Âge de Pierre.

Dans un monde aussi troublé, les Cubains ne pouvons pas attendre que d'autres résolvent complètement notre problème. Nous devons exprimer notre gratitude et revendiquer la solidarité internationale, l'aide humanitaire directe, les condamnations de la répression et l'attention pour les prisonniers politiques. Mais les Cubains, à l'intérieur et à l'extérieur de l'île, devons multiplier nos efforts, nos sacrifices et nos actions civiques.

Avec tant de guerres et de menaces en compétition pour l'attention mondiale, ne pas faire ce qui nous incombe pour sauver notre patrie serait une irresponsabilité historique bien trop grande. La liberté de Cuba nécessite une solidarité internationale, mais elle a surtout besoin de la volonté, de l'organisation et du sacrifice des Cubains eux-mêmes.

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José Daniel Ferrer García

José Daniel Ferrer García (Palma Soriano, 1970). Coordinateur de l'UNPACU et président du Parti du Peuple.