
Residentes de l'immeuble multifamilial Minfar 3 —un bâtiment de 144 appartements situé à proximité de la Plaza de la Révolution, à La Havane— ont signalé une accumulation de déchets qui perdure depuis plus d'un mois sans solution définitive et qui a rendu la rue San Pedro pratiquement impraticable, selon ce que rapporte ce dimanche le média officiel Tribuna de La Havane.
Les déchets ne proviennent pas uniquement du Minfar 3 : les ordures des bâtiments Granma, Communications, Minfar 1 et Minfar 2 s'accumulent dans la même zone, débordant les collecteurs en plastique installés dans la région. Le déversement s'étend le long de la rue Panorama et atteint l'avenue Colón, tandis que les émanations de putréfaction et la prolifération de mouches rendent impossible l'ouverture des fenêtres même aux étages les plus élevés de l'immeuble, précise la source.
Il y a environ deux mois, un ampirol —conteneur métallique de grande capacité transporté par des camions spéciaux— a été installé, ce qui a réduit partiellement les déversements, mais n'a pas résolu le problème sous-jacent. La pluie et le vent déplacent les déchets vers différents endroits de l'environnement et empêchent le bon fonctionnement des égouts, précise le communiqué basé sur des messages des voisins au média.
À la crise des déchets solides s'ajoute un problème d'infrastructure sanitaire qui perdure depuis plus d'un an : une fosse dans la rue Hidalgo, entre San Pedro et Lombillo, déverse ses eaux usées sans que les autorités n'interviennent. Le seul signal de son « ouverture » est la branche d'un arbre que les habitants eux-mêmes ont placée pour éviter les accidents entre la circulation automobile et les piétons.
Chaque matin, on observe dans la zone des personnes qui fouillent parmi les déchets —connues populaire ment sous le nom de « plongeurs »— qui, selon les réglementations sanitaires en vigueur, « sont classées comme des transmetteurs de maladies », avertit le rapport de Tribuna. L'accumulation de déchets dans les zones urbaines denses favorise également la prolifération de vecteurs associés à la dengue, à la leptospirose, à l'hépatite A et au chikungunya.
Comme mesure paliative, dans la matinée de ce dimanche, des équipements lourds sont arrivés pour retirer les déchets accumulés, indique le média. L'article lui-même reconnaît qu'il s'agit d'une dépense « supplémentaire de ressources dont nous disposons à peine » et met en garde que, sans solutions structurelles, « demain, une image d'abandon et de danger potentiel sera de nouveau visible ».
Le cas du Minfar 3 n'est pas un fait isolé, mais une expression locale d'une crise des déchets qui frappe La Havane depuis des années et qui s'est exacerbée en 2025 et 2026. Au début de cette année, seulement 44 des 106 camions de collecte de la capitale étaient opérationnels, immobilisés par la pénurie de diesel et le vieillissement mécanique de la flotte, alors que la ville génère environ 30 000 mètres cubes de déchets solides par jour, ce qui dépasse la capacité de collecte.
Le municipio de Plaza de la Révolution, où se situe le bâtiment, a été le cadre récurrent de ces dénonciations. En juillet dernier, le projet « El Rampeño » a été lancé dans le Conseil Populaire Rampa, avec 30 tricycles électriques pour une collecte porte à porte à 100 pesos par mois et par foyer, en tant qu'tentative de solution alternative, qui a finalement échoué. Et il y a à peine quelques jours, une montagne de déchets a bloqué le passage d’un train de passagers à Cuba, obligeant les voyageurs eux-mêmes à dégager les voies.
L'article de Tribuna se termine par un avertissement qui résume le désespoir des résidents : sans l'installation d'un nouveau ampirol et sans la réparation de la fosse de la rue Hidalgo, le problème « recommencera à montrer une image d'abandon et de danger potentiel en raison de la présence d'agents transmetteurs de maladies ».
Vidéos associées :
Archivé dans :