Bruno Rodríguez : « Aujourd'hui, la joie inonde les écoles cubaines »

Le début de l'année scolaire à Cuba est marqué par la pénurie de matériel et d'uniformes, des salles de classe en mauvais état et un manque d'enseignants. Les familles font face à des coûts élevés et à la précarité, en contraste avec le discours officiel.

Bruno RodríguezPhoto © Facebook / Granma et Minrex

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Le chancelier du régime cubain, Bruno Rodríguez Parrilla, a déclaré que "la joie inonde les écoles cubaines" alors que débute ce lundi à l'isa le nouveau cursus scolaire.

“Aujourd'hui, la joie inonde à nouveau les écoles cubaines. Le nouveau semestre scolaire commence et plus de 1 530 000 étudiants de différents niveaux de l'éducation générale rejoignent les classes”, a déclaré sur son compte X.

“Nous souhaitons la bienvenue aux étudiants de l'ISRI, à qui nous souhaitons plein succès,” a écrit-il, faisant allusion à l'Institut Supérieur des Relations Internationales qui forme les diplomates du régime.

Alors que le régime cubain insiste pour présenter chaque rentrée scolaire comme une « conquête de la Révolution », les familles sur l'île vivent un panorama très différent, marqué par la précarité matérielle et l'incertitude.

Le retour en classe, qui devrait être une source d'enthousiasme, s'est transformé pour de nombreux parents en un parcours du combattant qui révèle les profondes failles du système éducatif.

Dans les salles de classe de secondaire, un cahier doit servir pour deux matières. Cette pratique, officiellement baptisée “norme ajustée”, oblige à couper les cahiers en deux ou à diviser leurs pages, une solution qui vise à dissimuler la pénurie de fournitures et qui finit par affecter directement l'apprentissage des élèves.

Ceux qui ne peuvent pas payer les près de 200 pesos qu'une carnet coûte sur le marché noir doivent se résoudre à cette mesure improvisée.

Le problème des uniformes n'est pas négligeable. L'État n'a réussi à confectionner que 2,3 millions des 3,6 millions de pièces nécessaires, ce qui signifie que seulement 20 pour cent des étudiants porteront des vêtements neufs pour ce cours.

Le reste devra réutiliser des uniformes hérités, reprisés ou achetés à des prix exorbitants : sur le marché informel, un ensemble peut dépasser 5 000 pesos, une somme qui dépasse le budget de la plupart des ménages.

L'infrastructure scolaire n'échappe pas non plus à la crise. Des milliers d'établissements ont ouvert leurs portes dans des conditions déplorables, avec des toits qui fuient, des fenêtres brisées et un mobilier insuffisant.

On ne manque pas de scènes d'élèves assis par terre en raison du manque de pupitres, ou de cours interrompus par des coupures de courant, avec des enseignants et des étudiants contraints de donner des leçons dans la pénombre ou d'attendre l'arrivée d'un groupe électrogène.

Le déficit de professeurs aggrave encore plus la situation. Matanzas, par exemple, a commencé l'année scolaire avec plus de 2 000 postes vacants, et au niveau national, il manque environ 24 000 enseignants, ce qui correspond à un poste sur huit qui n'est pas pourvu.

Les bas salaires, l'épuisement professionnel et la migration vers d'autres secteurs ont laissé les salles de classe entre les mains d'un personnel insuffisant et, dans de nombreux cas, sans la préparation adéquate.

La soi-disant "éducation gratuite" est devenue un fardeau pesant pour les familles. Un cahier de primaire peut coûter jusqu'à 1 400 pesos dans un commerce privé, une somme exorbitante pour la plupart. À cela s'ajoutent les sacs à dos, les chaussures, les collations et d'autres dépenses qui transforment chaque rentrée scolaire en un drame financier.

Entre le discours triomphaliste du régime et l'épopée fabriquée par les médias d'État, qui évoquent des « rivières d'innocence » et des « gestes silencieux », se cache la véritable histoire de septembre : celle de parents qui luttent contre l'inflation et la pénurie pour que leurs enfants puissent aller à l'école avec le minimum indispensable.

C'est l'autre facette du début de l'année scolaire à Cuba, celle que la propagande ne montre jamais.

Questions fréquentes sur le début de l'année scolaire à Cuba 2025

Comment la "norme ajustée" affecte-t-elle le système éducatif cubain ?

La "norme ajustée" implique que les étudiants doivent partager un même cahier entre deux matières, ce qui révèle la précarité et le manque de fournitures de base dans le système éducatif cubain. Cette mesure affecte directement l'apprentissage des élèves et reflète les profondes fissures du système éducatif sur l'île.

Quelle est la situation des uniformes scolaires à Cuba ?

L'État n'a réussi à confectionner que 2,3 millions des 3,6 millions de pièces nécessaires, ce qui signifie que seulement 20 % des étudiants porteront des vêtements neufs cette année. Le reste devra réutiliser des uniformes hérités, réparés ou achetés à des prix exorbitants sur le marché noir.

Comment le déficit de professeurs affecte-t-il l'éducation à Cuba ?

Le déficit de professeurs à Cuba est significatif, avec 24 000 postes vacants au niveau national, ce qui équivaut à une place sur huit non pourvue. Cela impacte négativement la qualité de l'enseignement, car les salles de classe sont entre les mains d'un personnel insuffisant et, dans de nombreux cas, sans la formation adéquate.

Quels défis les étudiants cubains rencontrent-ils au début de l'année scolaire ?

Les étudiants cubains font face à de nombreux défis au début de l'année scolaire, notamment la pénurie de matériels de base comme des cahiers et des uniformes, des infrastructures dégradées, des coupures d'électricité et un déficit critique de professeurs. Ces facteurs transforment le retour en classe en un fardeau financier et émotionnel pour les familles.

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