La Russie écarte, à l'occasion du quatrième anniversaire du conflit, la fin de la guerre en Ukraine et explique pourquoi



Vladímir Poutine (Image de référence)Photo © Kremlin.ru

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La guerre en Ukraine n'est pas terminée.

Quatre ans après le début de l'invasion, le Kremlin a reconnu ce mardi que la campagne militaire déclenchée le 24 février 2022 reste active car Moscou n'a pas encore atteint les objectifs qu'il s'était fixés à l'époque.

"Dans leur intégralité, il est vrai que les objectifs n'ont pas été atteints. C'est pourquoi l'opération militaire spéciale se poursuit", a affirmé le porte-parole présidentiel russe, Dmitri Peskov, lors de sa conférence de presse téléphonique quotidienne, comme le rapporte aujourd'hui l'agence EFE.

L'admission a lieu le même jour où l'on célèbre le quatrième anniversaire du début de l'invasion, dans un contexte de renforcement des combats dans le sud de l'Ukraine et de nouvelles tensions diplomatiques entre la Russie et les puissances occidentales.

La Russie annonce des avancées à Zaporijia

En parallèle, le ministère de la Défense russe a annoncé la prise d'un village dans la région de Zaporijia.

« Les unités de l'agrégation militaire Est, à la suite des opérations offensives, ont libéré le village d'Izdvianka, dans la région de Zaporiyia », a indiqué un communiqué militaire.

La localité se trouve à plus de 60 kilomètres à l'est de la capitale régionale, vers laquelle les troupes russes avancent lentement.

Moscou a également fait état d'attaques par drones, missiles et artillerie contre "l'infrastructure de transport et d'énergie des Forces armées d'Ukraine", ainsi que contre des bases de stockage et de lancement de drones et des positions de déploiement de troupes.

Cependant, lundi, l'Ukraine a assuré avoir récupéré 400 kilomètres carrés de territoire occupé par la Russie depuis la fin janvier.

Selon Kyiv, une partie de cet avancement s'explique par la déconnexion des troupes russes du réseau satellite Starlink déployé pour l'Ukraine, un système qui, selon les autorités ukrainiennes, était utilisé de manière irrégulière par les forces russes.

Le président ukrainien Volodímir Zelenski a déclaré que les troupes ukrainiennes avancent le long du front sud, dans un affrontement militaire qui demeure en cours quatre ans après.

Moscou accuse la France et le Royaume-Uni de chercher une "bombe nucléaire" pour Kiev

Sur le plan diplomatique, la tension a augmenté avec des accusations de haut niveau.

Le Service de renseignement extérieur de la Russie (SVR) a indiqué que la France et le Royaume-Uni auraient "travaillé activement" à la livraison à l'Ukraine d'"une bombe nucléaire, ou au moins d'une ‘bombe sale’", dans le but d'obtenir des "conditions plus favorables" lors de potentielles négociations de paix, selon un article publié aujourd'hui par Europa Press.

Selon le communiqué russe, Londres et Paris estiment que la situation actuelle “ne permet pas d'atteindre leur victoire tant désirée sur la Russie”, mais “ne sont pas prêtes à accepter une défaite”.

Le SVR a également assuré que les deux pays croient qu'il faudrait doter l'Ukraine d'une "Wunderwaffe" - "arme merveilleuse", terme utilisé par l'Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale - et a affirmé que cela impliquerait la "transfert clandestin de composants européens, d'équipements et de technologies".

Berlin, selon Moscou, aurait rejeté de participer à cette prétendue initiative.

L'UE et le Royaume-Uni durcissent le ton

Entre-temps, les principaux dirigeants institutionnels de l'Union européenne ont réaffirmé leur soutien à Kyiv et ont demandé d'accroître la pression sur Moscou.

Ursula von der Leyen (Commission européenne), Roberta Metsola (Parlement européen) et António Costa (Conseil européen) ont pressé de renforcer les sanctions pour contraindre la Russie à engager des "négociations significatives" menant à une paix "juste et durable".

Dans un communiqué conjoint, ils ont souligné que la guerre d'usure menée par Vladimir Poutine "affaiblit constamment la Russie" et ont réaffirmé leur engagement à maintenir les sanctions contre le secteur énergétique et financier russe, tout en renforçant l'aide à l'Ukraine.

Ils ont rappelé que l'UE a mobilisé 170 milliards d'euros en soutien financier, militaire, humanitaire et énergétique pour Kyiv.

De son côté, le Royaume-Uni a annoncé le plus important paquet de sanctions contre la Russie depuis le début de l'invasion.

Les mesures visent à réprimer les revenus énergétiques du Kremlin et incluent des entreprises qui fournissent des équipements militaires à la Russie.

Parmi les entités sanctionnées figure PJSC Transneft, responsable du transport de plus de 80 % des exportations pétrolières russes.

Contacts nucléaires à Genève

En plein intensification des combats et des accusations réciproques, des délégations de la Russie et des États-Unis se sont réunies à Genève pour aborder, entre autres sujets, la possibilité de négocier un nouveau traité de contrôle des armes nucléaires.

Par la suite, Washington tiendra des conversations similaires avec la Chine, dans le but d'éviter une nouvelle escalade stratégique dans le domaine atomique.

Macron parle de "triple échec" russe

Depuis Paris, le président français Emmanuel Macron a qualifié l'invasion de « triple échec » pour la Russie : « militaire, économique et stratégique ».

À son avis, la guerre “a renforcé l'OTAN, une expansion que la Russie cherchait à empêcher, a uni les Européens qu'elle espérait affaiblir et a mis en évidence la fragilité d'un impérialisme d'une autre époque”.

Macron a assuré que « les Russes se rendront un jour compte de l'ampleur du crime commis en leur nom », et a réitéré que « l'Ukraine est la première ligne de défense de notre continent ».

Quatre ans après le début du conflit, loin de voir poindre un cessez-le-feu, les déclarations du Kremlin confirment que la guerre reste ouverte.

Moscou admet qu'il n'a pas atteint ses objectifs ; Kyiv affirme progresser sur le front ; l'Occident renforce les sanctions ; et les grandes puissances relancent les négociations nucléaires.

Le scénario, pour l'instant, est celui d'une confrontation prolongée sans issue immédiate en vue.

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