Ce mardi, La Havane a voté contre une résolution qui appelle à un cessez-le-feu immédiat, complet et inconditionnel entre l'Ukraine et la Russie, ainsi qu'à une paix durable après quatre années de guerre.
Selon l'agence EFE, le texte a été approuvé avec 107 voix pour, 51 abstentions et 12 contre, lors du quatrième anniversaire de l'invasion russe sur le territoire ukrainien. Parmi les principaux opposants figuraient la Russie, l'Iran, la Biélorussie, le Nicaragua et Cuba, tandis que la Chine et les États-Unis ont choisi de s'abstenir.
La résolution, proposée par l'Ukraine et soutenue par des dizaines de pays, dénonce que l'invasion a des effets dévastateurs au-delà de ses frontières et revendique la souveraineté et l'intégrité territoriale ukrainiennes. De plus, elle exige l'échange de prisonniers de guerre, la libération de personnes détenues illégalement et le retour de civils déplacés de force, y compris des enfants.
Le chancelier ukrainien, Andrii Sybiha, a salué le soutien international et a affirmé sur le réseau social X que le vote démontre que son pays “n'est pas seul” et que les principes de la Charte de l'ONU “importent encore”.
La session a également révélé des tensions diplomatiques. Avant le vote, les États-Unis ont essayé de diviser le texte afin de soumettre à un vote séparé deux paragraphes, mais la motion a échoué.
L'ambassadrice adjointe des États-Unis auprès de l'ONU, Tammy Bruce, a souligné que le gouvernement de Donald Trump reste engagé à promouvoir un accord négocié entre Moscou et Kiev, bien qu'elle considère que le document approuvé ne favorise pas un débat large sur toutes les voies diplomatiques possibles, selon EFE.
Bien que les résolutions de l'Assemblée générale ne soient pas contraignantes, elles ont un fort poids symbolique. Dans ce cadre politique, le vote cubain remet l'île du côté du Kremlin dans un conflit qui a laissé des milliers de morts et des millions de personnes déplacées depuis février 2022.
La posture n'est pas nouvelle. Lors de votes précédents liés à la guerre, le gouvernement cubain a choisi de s'aligner sur la Russie ou de s'abstenir sur des textes condamnant l'invasion.
Pendant ce temps, le conflit a eu des répercussions directes sur la réalité cubaine : des dénonciations concernant le recrutement de citoyens de l'île par la Russie pour combattre sur le front, des tensions diplomatiques avec Kiev et un débat croissant sur le coût humain et politique de cette proximité avec Moscou.
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