«Les États-Unis ne se limiteront pas au désir de contrôler le Venezuela, Cuba et l'Iran», avertit le ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov



Marco Rubio (i) et Sergueï Lavrov (d)Photo © Collage X/Secrétaire Marco Rubio -

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Le ministre des Affaires étrangères de Russie, Sergueï Lavrov, a déclaré cette semaine que les États-Unis cherchent à étendre leur influence politique sur plusieurs pays, et a averti que Washington ne se limitera pas à son intérêt pour le Venezuela, Cuba et l'Iran.

Lors d'une conférence de presse citée par l'agence d'État russe TASS, le chef de la diplomatie russe a critiqué ce qu'il a décrit comme une stratégie américaine de contrôle sur d'autres nations, au milieu des tensions géopolitiques actuelles.

"En ce qui concerne l'Iran, le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, en réponse à une question d'un journaliste, a récemment suggéré la possibilité que les États-Unis gouvernent l'Iran. Tout comme ils ont annoncé qu'ils gouverneraient le Venezuela. Ils testent maintenant un plan similaire pour Cuba. Et probablement, ce ne sera pas la fin", a souligné Lavrov.

Les déclarations du chancelier russe interviennent dans un contexte de fortes tensions internationales, notamment après l'escalade au Moyen-Orient liée à l'Iran.

Critiques de la politique étrangère de Washington

Lavrov a également remis en question publiquement la position de l'administration américaine concernant le système international et le rôle des Nations Unies.

Le ministre a attiré l'attention sur les déclarations du président Donald Trump et d'autres hauts responsables américains qui, selon lui, montrent une vision de la politique étrangère fondée uniquement sur des intérêts nationaux.

À son avis, ces dirigeants "n'ont aucun scrupule à dire qu'ils ne se laisseront guider par aucun principe de l'ONU, qu'ils se guideront uniquement par les intérêts de leur propre État".

Selon le ministre des Affaires étrangères russe, la crise internationale actuelle reflète des transformations plus profondes dans l'équilibre mondial.

"Ce qui se passe dans le monde en ce moment est le reflet de profonds changements et de problèmes majeurs dans la politique et l'économie mondiales", a-t-il déclaré.

Lavrov a estimé que la situation actuelle ne se limite pas aux conflits récents, mais qu'elle témoigne d'un déclin de l'ordre international basé sur des normes établies après la Seconde Guerre mondiale.

"Il ne s'agit pas seulement ni principalement de cette crise. C'est le reflet des problèmes plus profonds qui ont surgi, qui consistent principalement en le conflit et l'absence de droit international", a-t-il soutenu.

Le ministre a comparé la situation actuelle au système international en vigueur au XIXe siècle, avant que ne soient établis des mécanismes multilatéraux après la Première Guerre mondiale et avant la création des Nations Unies.

Le rôle de l'ONU dans la crise avec l'Iran

Lavrov a également évoqué l'action du Conseil de sécurité de l'ONU face à l'escalade liée à l'Iran.

Il a rappelé que la Russie et la Chine ont demandé la convocation urgente de l'organisme le jour même où les attaques américaines et israéliennes contre ce pays ont commencé.

Selon ses explications, lors de cette session, des "évaluations fondamentales" sur la situation ont été réalisées.

"Je pense que c'est le mieux possible compte tenu des circonstances", a-t-il affirmé.

Le ministre des Affaires étrangères russe a affirmé que le fonctionnement du Conseil de sécurité limite la possibilité de prendre des décisions qui contredisent les intérêts de Washington.

"Les États-Unis, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, ne permettront pas que des décisions contraires à leurs intérêts supposés soient prises", a-t-il assuré.

Il a également souligné que les deux autres membres permanents occidentaux du Conseil - la France et le Royaume-Uni - ont tenté de garder une certaine distance par rapport aux actions américaines, même s'il estime qu'ils ne s'opposeront pas non plus à celles-ci.

"En général, tant Paris que Londres, bien sûr, n'interféreront jamais dans les actions actuelles des États-Unis", conclut-il.

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