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L'arrivée à Cuba du pétrolier russe Anatoly Kolodkin, chargé d'environ 730 000 barils de pétrole et autorisée par les États-Unis en plein milieu de la crise énergétique de l'île, a ravivé le débat sur l'orientation politique de La Havane et la stratégie de Washington.
Dans ce contexte, l'analyste politique cubano-américain Andy Gómez a affirmé qu'il ne voit pas de solution proche à la situation du pays ni de politique cohérente de la part de l'administration de Donald Trump.
Lors d'une interview avec le journaliste Javier Díaz de Univision, Gómez a été catégorique en évaluant la situation actuelle :
« Je te dis que je ne vois pas encore de fin à cette situation. Je ne vois pas de sens à cela. Je ne vois pas de politique stratégique. »
L'analyste a remis en question ouvertement la narrative officielle de Washington, y compris en ce qui concerne les déclarations du secrétaire d'État, Marco Rubio :
« Non, non, attends, attends, je te dis que peut-être nous savons beaucoup plus sur ce qui se passe que ce qu'ils font. »
À son avis, il existe une déconnexion au sein même du gouvernement américain sur la manière d'aborder le cas cubain :
« Je pense qu'il y a une grande différence entre ce que la Maison Blanche souhaite faire et ce que le secrétaire Rubio, qui connaît très bien l'Amérique latine et Cuba, comprend qu'il faut faire. »
Sans changements réels au pouvoir à Cuba
L'un des points centraux de l'analyse de Gómez est que, malgré les signaux contradictoires -comme la permission d'importer du pétrole russe tout en maintenant une pression économique-, il n'y a pas de réels indices d'un changement politique sur l'île.
Lorsqu'on l'a interrogé sur la possibilité que la situation se prolonge en raison du manque de définitions, il a répondu : "Je crois qu'ils parlent de changement, mais comme nous l'avons vu du côté de Cuba, ils ont précisé qu'il n'y aura pas de changement de régime."
L'analyste a cité des déclarations récentes du vice-ministre cubain Carlos Fernández de Cossío pour renforcer son argument, dans lesquelles le vice-ministre a affirmé que tant que Raúl Castro sera en vie, il n'y aura pas de changement de régime à Cuba.
Un envoi de pétrole qui soulève plus de questions que de réponses
D'autre part, l'arrivée du navire russe - propriété d'une entreprise sanctionnée par les États-Unis, l'Union européenne et le Royaume-Uni - a soulevé des questions sur la cohérence de la politique américaine envers Cuba.
Trump lui-même a justifié la décision pour des raisons humanitaires, au milieu des coupures de courant et de la pénurie de carburant sur l'île, qui n'a pas reçu de fournitures régulières depuis des mois.
Cependant, pour Gómez, le message qui est transmis est contradictoire.
« La question que nous devons nous poser, c'est que d'abord ils ont dit qu'il y avait un blocus pétrolier contre Cuba, que personne ne pouvait envoyer de pétrole à Cuba, puis ils ont dit qu'il était permis à Venezuela d'envoyer au secteur privé et maintenant ils laissent un navire de Russie entrer à Cuba, donc je pense que la réponse est claire », a-t-il souligné. L'analyste n'a pas approfondi cette « réponse », mais a laissé entendre sa critique envers ce qu'il considère comme une politique erratique.
Une crise qui reste encore non résolue
L'envoi de brut russe, bien que significatif, ne couvre à peine que quelques jours de la demande énergétique à Cuba, ce qui met en évidence la gravité structurelle de la crise que traverse l'île.
Pendant ce temps, Cuba continue d'être piégée entre les sanctions, la pénurie et les tensions géopolitiques, dans un contexte où — selon Gómez — il n'y a pas de signaux clairs de changement ni de stratégie définie depuis Washington.
Sa conclusion résume le scepticisme qui persiste au sein d'une partie de l'exil cubain :
« Je ne le vois pas encore comme une fin. »
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