Plus de 500 prisonniers politiques continuent d'être détenus au Venezuela, un mois après la promulgation de l'amnistie



Familiaux devant El HelicoideFoto © X / Realidad Helicoide

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Plus de 500 prisonniers politiques restent détenus au Venezuela plus d'un mois après que la présidente par intérim Delcy Rodríguez ait promulgué la Loi d'Amnistie pour la Convivence Démocratique, et le processus de libérations a connu une phase de ralentissement qui soulève de sérieuses doutes sur la volonté réelle du gouvernement de mettre fin à la persécution politique.

Gonzalo Himiob, directeur vice-président de l'ONG Foro Penal, a averti ce dimanche, dans des déclarations à EFE, que depuis environ deux semaines, le nombre de personnes libérées avec l'amnistie a fortement diminué.

Himiob a été catégorique en soulignant les implications de cette ralentissement : "Si les plus de 500  prisonniers politiques encore détenus, parmi lesquels 187 militaires ne sont pas libérés, il semblerait évident que le gouvernement intérimaire n'aurait pas de volonté politique réelle de mettre fin à l'emprisonnement et à la persécution politique."

Le représentant de Foro Penal a également souligné l'intégrité de l'appareil répressif comme un signe que les changements sont plus symboliques que réels : "Le simple fait qu'on n'ait pas commencé à démanteler l'appareil répressif — les policiers, procureurs et juges restent les mêmes — serait une preuve que, malgré les aspects positifs de l'amnistie, l'objectif était davantage un effet symbolique et médiatique qu'un changement réel."

La norme a été promulguée le 19 février et a émergé des négociations avec les États-Unis après la captation de Nicolás Maduro, opération réalisée par des forces spéciales américaines le 3 janvier 2026 au Fuerte Tiuna de Caracas.

Les organisations de droits de l'homme ont signalé que le processus a été entaché par la bureaucratie, des attitudes et des réponses discrétionnaires, ce qui a empêché une application uniforme et transparente de la loi. Dans cette même veine, le Bureau du Haut-Commissaire des Nations Unies n'a pu confirmer que 950 libérations, un chiffre bien inférieur à celui avancé par le gouvernement.

Les chiffres illustrent l'écart entre le discours officiel et la réalité vérifiée de manière indépendante. Selon des données vérifiées, seulement 743 personnes ont été libérées et excarcérées, dont seulement 187 l'ont été directement par amnistie, tandis que le député chaviste Jorge Arreaza, président de la commission de suivi de la loi, a informé qu'au 26 mars, un total de 8,146 personnes avaient reçu "la liberté pleine".

La dirigeante opposante María Corina Machado a dénoncé que le fait de refuser l'amnistie de manière sélective est de la répression, soulignant que l'application discrétionnaire de la loi perpétue l'utilisation politique de la détention arbitraire. De leur côté, les membres de la famille de prisonniers politiques ont organisé une procession devant la prison d'El Rodeo pour exiger la libération de leurs proches et réclamer l'application effective de la norme.

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