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Le procès contre l'ancien député cubano-américain David Rivera à Miami commence à révéler un scénario délicat pour des figures clés du pouvoir à Washington, y compris des alliés proches du président Donald Trump et de l'actuel secrétaire d'État, Marco Rubio.
Selon un rapport de The Washington Post, l'influent lobbyiste Brian Ballard —considéré comme l'un des opérateurs politiques les plus proches de Trump— a déclaré devant un tribunal fédéral qu'il avait rompu toute relation avec Rivera lorsqu'il a découvert que celui-ci avait signé un contrat millionnaire lié au gouvernement vénézuélien.
Ballard a assuré que pendant des années, il avait cru que lui et Rivera œuvraient à affaiblir le régime de Nicolás Maduro. Mais cette perception a changé brusquement lorsqu'un accord de 50 millions de dollars a été révélé, qui, selon les procureurs, aurait servi de couverture pour des opérations de lobbying en faveur de Caracas.
Le cas, qui avait déjà suscité une grande attention en raison de la participation de Marco Rubio en tant que témoin, est devenu une fenêtre sur les tensions internes au sein même de l'entourage républicain.
D'alliés à suspects
Rivera et Rubio ne partagent pas seulement un origine cubano-américaine, mais aussi une relation politique qui remonte à des décennies. Tous deux ont été des figures émergentes du Parti républicain en Floride et, selon des documents judiciaires, ont maintenu des liens étroits même après leur arrivée à Washington.
Cependant, le procès a mis cette relation sous pression. Rubio a déjà témoigné qu'il se sentait trahi par son ancien allié, tandis que Ballard a raconté qu'il a même bloqué Rivera après avoir reçu des messages insinuant son implication dans la prétendue affaire.
« Tu fais aussi partie de cela ! », a écrit Rivera dans un message, selon le témoignage présenté au tribunal, une phrase qui a marqué le point de rupture définitif entre les deux.
Un réseau qui éclabousse Washington
Les procureurs affirment que Rivera a agi en tant qu'agent étranger sans s'enregistrer, utilisant ses connexions politiques pour tenter d'influencer la politique des États-Unis envers le Venezuela.
L'enquête implique également des personnalités de haut niveau, des congressistes aux conseillers de la Maison Blanche, et révèle des tentatives de rapprochement entre des acteurs liés au chavisme et des secteurs du pouvoir américain au milieu des sanctions imposées à Caracas.
Au cœur de l'intrigue se trouve l'homme d'affaires vénézuélien Raúl Gorrín, accusé aux États-Unis de corruption, qui aurait tenté d'ouvrir des portes à Washington tout en se présentant comme le promoteur d'un prétendu changement démocratique au Venezuela.
Pour de nombreux Cubains, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île, cette affaire est particulièrement sensible. Non seulement en raison de la figure de Rivera, un homme politique d'origine cubaine qui est arrivé au Congrès, mais aussi en raison de ce qu'elle révèle sur les alliances complexes —et parfois contradictoires— autour des régimes autoritaires dans la région.
Alors que Rivera se déclare innocent et assure que son travail visait à favoriser une transition au Venezuela, le processus judiciaire avance sur fond politique, ce qui pourrait avoir des répercussions au-delà des tribunaux.
Le procès se poursuit à Miami, sous le regard d'une communauté qui connaît de près le poids de la politique, de l'exil et des promesses non tenues.
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