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David Ramírez Álvarez, Deuxième Secrétaire de l'Ambassade de Cuba aux États-Unis chargé des Affaires Culturelles, a publié ce samedi sur son compte X un message dans lequel il a assuré que "aucun embargo sur le carburant ou économique ne tuera la volonté du peuple cubain de prospérer, de se développer et de continuer à être une puissance culturelle".
Le diplomate a accompagné sa publication d'une image d'un studio de ballet et du hashtag #LetCubaBreathe, une campagne soutenue par la diplomatie cubaine pour faire pression en faveur de la levée de l'embargo américain.
La déclaration contraste de manière brutale avec la réalité que vit l'île. L' économie cubaine s'est contractée de 5% en 2025 —troisième année consécutive de récession— et des organismes indépendants projettent une chute supplémentaire de 7,2% pour 2026, ce qui accumulerait une contraction supérieure à 23% depuis 2019.
Les coupures de courant ont atteint jusqu'à 25 et 30 heures par jour en 2025, touchant 63 % et 64 % de la population, avec dix des 16 centrales thermiques du pays hors service en mars 2026.
La référence du diplomate à résister "même avec les lumières éteintes" est particulièrement révélatrice : ce n'est pas une métaphore, mais la description littérale de la vie quotidienne de millions de Cubains.
Mais la contradiction la plus dévastatrice réside dans la rhétorique sur la "volonté de prospérer". Le régime même que Ramírez représente est celui qui entrave le plus cette volonté. En 2025, le gouvernement a réalisé plus de 1 100 inspections à de petites et moyennes entreprises privées, entraînant des centaines de fermetures définitives, des confiscations massives et des amendes de plusieurs millions. L'accès aux devises, licences et importations dépend des fidélités politiques et des réseaux clientèle.
Mientras le diplomate parle de prospérité, Cuba a fermé 2025 avec 1 197 prisonniers politiques —un chiffre record historique—, nombre qui a augmenté à 1 214 en février 2026, selon Prisoners Defenders. Parmi les détenus se trouvent des dissidents, des entrepreneurs et des manifestants du 11 juillet 2021. Au moins 46 personnes sont mortes dans les prisons cubaines entre 2025 et ce début d'année 2026 en raison du refus d'assistance médicale.
Le régime a accordé un pardon à plus de 2,000 détenus le 3 avril, mais a explicitement exclu les délits de sédition, de mépris et de troubles à l'ordre public, qui sont précisément les charges utilisées contre la majorité des prisonniers politiques.
Amnesty International a décrit le modèle du gouvernement cubain comme une stratégie pour "intimider, isoler et réduire au silence ceux qui exigent le respect" des droits humains.
La narration officielle attribue la crise à l'embargo américain, mais les données racontent une autre histoire : Les États-Unis ont exporté à Cuba 585 millions de dollars en 2024, soit une augmentation de 16 % par rapport à l'année précédente, incluant des produits médicaux et des aliments. Les causes structurelles de la crise —modèle économique centralisé, inefficacité étatique, répression du secteur privé— sont internes et ont 67 ans d'histoire.
La réponse la plus éloquente du peuple cubain à cette supposée "volonté de prospérer" est l'exode : plus d'un million de personnes ont quitté l'île depuis 2021, réduisant la population estimée de 11,3 millions à entre 8,6 et 8,8 millions d'habitants, ce qui constitue la plus grande diaspora de l'histoire cubaine récente.
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