Le régime officialise un statut migratoire spécial pour les investisseurs cubains depuis l'étranger



Déchargement de marchandises dans une MipymeFoto © CiberCuba

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Le régime cubain a publié ce mardi dans la Gazette Officielle Extraordinaire No. 60 trois normes juridiques qui créent et régulent la condition migratoire des « Investisseurs et des Affaires » pour les citoyens cubains résidant à l'étranger.

Les dispositions sont le Décret-Loi 117/2026 du Conseil d'État, le Décret 150/2026 du Conseil des Ministres et la Résolution 93/2026 du Ministère des Finances et des Prix, signées entre le 15 et le 16 avril et publiées aujourd'hui de manière simultanée.

Le Décret-Loi 117, signé par Juan Esteban Lazo Hernández, président de l'Assemblée Nationale, institue formellement la nouvelle catégorie migratoire pour les émigrés qui souhaitent participer au modèle économique de l'île.

Le texte indique qu'il est « la volonté de l'État cubain de mettre en œuvre les mesures approuvées et d'offrir la sécurité juridique nécessaire aux citoyens cubains résidant à l'étranger qui souhaitent participer à l'économie nationale ».

Peuvent la demander ceux qui ont déjà le statut de Résident à l'Étranger ou d'Émigré, comme l'a expliqué le gouvernement cubain lors d'une conférence de presse tenue au Centre de Presse International du Ministère des Relations Extérieures.

La demande peut être soumise aux consulats cubains à l'étranger ou dans les bureaux du Ministère de l'Intérieur à Cuba, accompagnée d'une demande écrite et d'un aval de l'entité cubaine avec laquelle des relations commerciales seront établies.

Le consulat dispose de trois jours ouvrables pour évaluer et transmettre le dossier à l'Autorité Migratoire, qui a 30 jours ouvrables pour se prononcer et sept jours ouvrables supplémentaires pour notifier l'intéressé.

Une fois accordée, la condition « se conserve tant que la personne maintient les conditions sous lesquelles elle l'a obtenue » et ses titulaires « sont équivalents aux citoyens cubains résidant sur le territoire national » pendant leur séjour à Cuba.

Le coût de la démarche, fixé par la Résolution 93/2026 du ministre Vladimir Regueiro Ale, est de 3 500 pesos cubains.

L'origine de ces normes remonte au 16 mars 2026, quand le régime a annoncé les mesures permettant aux émigrés d'investir dans des mipymes, de s'associer à des entreprises privées, d'ouvrir des comptes bancaires en devises, d'accéder à des terres en usufruit et d'opérer en tant que fournisseurs de services d'actifs virtuels.

Le contexte juridique révèle une contradiction notable : la Loi 171 sur la Migration, approuvée en juillet 2024, prévoyait déjà cette disposition dans un cadre plus large de droits, mais elle n'a pas été publiée dans le Journal Officiel depuis près de deux ans, ce qui empêche son entrée en vigueur.

Le régime a choisi un décret-loi à portée plus restreinte pour activer uniquement le segment économiquement pertinent de la diaspora, sans mettre en œuvre le cadre général des droits approuvé en 2024.

Les analystes de elTOQUE Juridique avertissent que « la norme ne redéfinit pas l'émigration comme un sujet de droits au sein de l'ordre juridique, mais comme une source de capital sous des conditions administratives contrôlées ».

L'économiste Pedro Monreal a souligné que sans garanties légales de base qui inspirent confiance, « de nombreux émigrés préféreront continuer à envoyer des remises plutôt que d'investir directement, mais ce type de garanties ne semble pas être sur le radar ».

Le contexte économique qui motive la mesure est une crise sévère : le PIB cubain a chuté de 23% depuis 2019, avec des coupures de courant prolongées, une pénurie de nourriture et un délabrement généralisé des infrastructures, conséquence de 67 ans de dictature communiste.

Le propre décret-loi 117 a un caractère transitoire : il reste en vigueur « jusqu'à ce que la dite loi 171 entre en vigueur », ce qui soulève la question de quand — ou si — le régime publiera enfin cette norme à portée générale, dont le retard a été largement critiqué.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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