Trump et Rubio donneraient-ils une dernière chance au régime cubain ?

Rubio a déclaré qu'il est impossible de changer Cuba avec ses dirigeants actuels, mais il a ajouté qu'« il faut donner une chance ». Signal réel ou rhétorique ?



Donald Trump et Marco Rubio, Sommet des AmériquesPhoto © La Maison Blanche en X

Le secrétaire d'État Marco Rubio a affirmé ce mercredi que, selon son avis personnel, il est impossible de changer la trajectoire économique de Cuba tant que les dirigeants actuels restent au pouvoir.

Cependant, il a ajouté une phrase qui ouvre une porte dans les relations entre La Havane et Washington : «il faut donner une chance». Il a précisé qu'il ne croit pas que le changement à Cuba se produira spontanément.

Les déclarations ont été faites lors d'une interview avec Sean Hannity de Fox News, et ont été diffusées par le compte officiel du Département d'État.

«On ne peut pas changer le cap économique de Cuba tant que les personnes actuellement au pouvoir restent en place. C'est ce qui devra changer, car ces personnes ont prouvé leur incapacité», a déclaré Rubio.

La phrase complète révèle une tension interne dans le message de Washington : « J'espère me tromper. Bon, il faut lui donner une chance, mais je ne crois pas que cela va se produire. Je ne pense pas que nous puissions changer le cap de Cuba tant que ces personnes seront à la tête de ce régime ».

Les paroles de Rubio interviennent deux jours après que le président Donald Trump ait publié sur Truth Social que Cuba « demande de l'aide » et que « nous allons parler », juste avant de se rendre en Chine.

Trump a qualifié Cuba de « pays en échec » qui « ne va que dans une direction : vers le bas ».

Cette séquence —pression maximale combinée avec des signaux de négociation conditionnelle— définit la stratégie duale de l'administration. Depuis janvier 2026, Trump a signé deux ordres exécutifs et plus de 240 sanctions ont été imposées contre le régime cubain.

Le 7 mai, Rubio a annoncé des sanctions contre GAESA, le conglomérat militaire qui contrôle entre 40 % et 70 % de l'économie formelle cubaine, avec des actifs illicites estimés entre 18 000 et 20 000 millions de dollars à l'étranger.

Les États-Unis ont fixé le 5 juin comme délai pour que les entreprises étrangères mettent fin à leurs opérations avec des entités cubaines sanctionnées.

En parallèle, au moins sept pétroliers ont été interceptés dans les eaux internationales, réduisant ainsi les importations de carburant de Cuba de 80 % à 90 %. L'île subit des coupures de courant de plus de 20 heures par jour dans plus de 55 % de son territoire.

Processus de négociation entre les deux gouvernements : discret mais réel

En mars, Díaz-Canel a confirmé publiquement que Cuba négociait avec Washington sur le blocage énergétique.

En avril, une délégation américaine s'est rendue à La Havane à bord du premier avion officiel depuis 2016, bien que les réunions aient échoué en raison du refus cubain des conditions imposées.

Rubio a été constant dans sa position depuis le début : il exige un changement de personnes à la tête, une libération vérifiable des prisonniers politiques, l'ouverture aux médias indépendants et la fin de la persécution des dissidents.

La question laissée ouverte par la déclaration de ce mercredi est de savoir si la phrase «il faut donner une chance» est un véritable signe d'ouverture ou simplement de la rhétorique diplomatique avant d'intensifier la pression.

La réponse pourrait arriver avant le 5 juin, date limite que Washington a imposée au monde pour rompre les liens économiques avec le régime.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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