Jefa de Mission de Cuba aux États-Unis : « Nous sommes disposés à dialoguer »

La cheffe de mission cubaine aux États-Unis a déclaré à NPR que Cuba est prête à dialoguer avec Washington, mais a établi des lignes rouges concernant la souveraineté et le système politique.



Lianys Torres RiveraPhoto © X / Lianys Torres Rivera

Vidéos associées :

La cheffe de mission de Cuba aux États-Unis, Lianys Torres Rivera, a déclaré ce samedi dans une interview avec NPR que le régime cubain est prêt à dialoguer avec Washington sur des questions bilatérales, mais a fixé des limites qui, selon elle, ne seront pas négociables en aucune circonstance.

«Nous sommes disposés à engager des conversations avec les États-Unis sur des questions bilatérales. Il existe des lignes rouges concernant notre indépendance, notre souveraineté, notre droit à l'autodétermination, un ordre juridique et un système politique qui ne seront pas sur la table. Tout comme nous ne demandons pas aux États-Unis de mettre sur la table leur système politique ni leur système juridique, cela relève du peuple américain», a affirmé Torres Rivera dans l'émission Weekend Edition Saturday.

L'interview a été diffusée par le compte officiel de l'Ambassade cubaine à Washington et elle a lieu trois jours après que le Département de la Justice des États-Unis a déclassifié une accusation formelle contre Raúl Castro et cinq anciens militaires cubains pour le démantèlement de deux petits avions de l'organisation Hermanos al Rescate le 24 février 1996, qui a causé la mort de quatre cubano-américains.

Les charges contre l'ancien dictateur, âgé de 94 ans, comprennent la conspiration pour tuer des citoyens américains, la destruction d'aéronefs et quatre chefs d'accusation d'homicide, avec des peines pouvant aller jusqu'à la réclusion à perpétuité ou la peine de mort.

Le régime a répondu à l'accusation par une posture de défi, la qualifiant d'agression politique. Un fonctionnaire cubain a indiqué que les États-Unis avaient agi intentionnellement en présentant les charges, tandis que Díaz-Canel a justifié le abattage des avionetas de Hermanos al Rescate.

Les déclarations de Torres Rivera s'inscrivent dans un processus de contacts diplomatiques discrets qui se déroule depuis des mois. Le vice-ministre cubain Carlos Fernández de Cossío a reconnu en février qu'il existait des échanges « aux plus hauts niveaux », et le président Díaz-Canel lui-même a affirmé en mars qu'il et Raúl Castro participaient aux négociations avec Washington.

Cependant, la vice-ministre Josefina Vidal a averti l'AFP le 8 avril que les conversations entre Cuba et les États-Unis étaient à un stade « très préliminaire » et qu'« il n'existe pas encore de négociation structurée entre les deux gouvernements ».

L'Organisation de l'aviation civile internationale a conclu en juillet 1996 que les aéronefs de Hermanos al Rescate ont été abattus entre neuf et dix milles nautiques en dehors de l'espace aérien cubain, c'est-à-dire dans l'espace aérien international.

Raúl Castro n'a jamais mis les pieds sur le sol américain et il n'existe pas de traité d'extradition entre Cuba et les États-Unis, ce qui limite la portée pratique de l'accusation, bien que le Département de la Justice l'ait présentée comme un acte de justice pour les familles des quatre victimes : Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales.

L'entretien de Torres Rivera sur NPR représente la réponse publique la plus directe du régime à ce jour, cherchant à garder ouverte la porte au dialogue tout en rejetant l'accusation contre Raúl Castro comme un acte d'agression politique qui, selon La Havane, ne fera pas reculer sa position souveraine.

Archivé dans :

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.