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Le régime cubain a publié ce mardi dans le journal officiel Granma un communiqué intitulé « Cuba, le GAE et les États-Unis : anatomie d'une calomnie d'État », sa première réponse directe concernant le Groupe de Administration Empresarial S.A. (GAESA) plus d'un mois après que Washington en ait fait la cible centrale de ses sanctions.
Le texte arrive trois jours avant la date limite du 5 juin fixée par l'Office de contrôle des avoirs étrangers (OFAC) pour que toutes les entreprises et institutions financières étrangères mettent un terme à leurs opérations avec GAESA sous peine de sanctions secondaires, et au milieu d'un exode massif de partenaires commerciaux du conglomérat militaire.
Le communiqué, signé par le « Gouvernement de la République de Cuba », qualifie les sanctions américaines d'« escalade la plus intense, démesurée et dangereuse dans l'histoire récente des relations entre Cuba et les États-Unis » et accuse Washington d'agir « avec une intention préméditée dans le but de construire des prétextes pour discréditer la Révolution cubaine ».
Le régime va plus loin et attribue aux États-Unis un plan délibéré : « isoler le pays sur le plan diplomatique, commercial, financier et énergétique ; rendre impossible la durabilité de la nation ; conditionner le dialogue et évaluer des variantes d'agression militaire ».
Le déclencheur a été la Ordonnance Exécutive 14404 signée par Trump le 1er mai, qui a identifié GAESA comme objectif principal et a introduit des sanctions secondaires contre tout acteur étranger opérant avec le conglomérat.
Le 7 mai, le secrétaire d'État Marco Rubio a formalisé les désignations contre GAESA, sa présidente exécutive Ania Guillermina Lastres Morera —générale de brigade des Forces Armées Révolutionnaires— et Moa Nickel S.A. Washington accuse GAESA de contrôler entre 40 % et 70 % de l'économie cubaine et d'avoir détourné jusqu'à 20 milliards de dollars en actifs illicites à l'étranger.
Le communiqué du régime ne répond à aucune de ces accusations concrètes. En revanche, il défend GAESA comme une structure « articulée de prouvée efficacité » née pendant la Période Spéciale, et énumère ses soi-disant contributions : construction de plus de 10 000 logements, investissements dans la centrale thermique de Felton à Holguín et financement de travaux hydrauliques, de polycliniques et d'écoles.
Le texte cite Raúl Castro pour légitimer l'organisation : « sans le moindre désir de protagonisme, comme on fait les choses sérieuses ».
Le silence de plus d'un mois du régime a coïncidé avec un effondrement accéléré de son modèle commercial à l'international. Iberostar a abandonné la gestion de 12 hôtels à partir du 1er juin, et Blue Diamond Resorts, avec 62 hôtels et plus de 12 900 chambres, a annoncé l'arrêt complet de ses opérations le 31 mai.
Avant, les hôtels espagnols avaient déjà commencé leur retrait de Gaviota, la filiale touristique de GAESA, qui gérait 62 de ses 121 hôtels avec des chaînes espagnoles.
Le communiqué du régime ne mentionne ni le délai du 5 juin ni l'exode des entreprises, et suit la ligne déjà établie par le ministère des Affaires étrangères, qui, le 8 mai, a accusé les États-Unis de vouloir provoquer un « soulèvement interne » à Cuba pour justifier une intervention militaire.
Début mai, Rubio a averti que « de nouvelles sanctions sont prévues dans les jours et les semaines à venir », une mise en garde que le régime n'aborde pas non plus dans son communiqué.
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