
Les autorités de Sancti Spíritus ont annoncé ce samedi qu'à partir du 1er août, elles commenceront à "réprimer" sur la voie les tricycles électriques qui opèrent sans autorisation, dans un tournant qui expose la contradiction du régime cubain qui a toléré pendant des années un secteur entièrement informel et qui menace maintenant de le sanctionner.
Ainsi l'a confirmé José Lorenzo García, représentant du ministère des Transports (Mitrans) dans la province centrale, dans des déclarations au journal officiel Escambray.
"Aujourd'hui, la grande majorité est illégale. À partir du premier août, nous prévoyons de commencer à les contrôler sur la route, avec une organisation des tricycles par itinéraires, car de nombreux points de collecte sont également illégaux," a-t-il déclaré.
Le fonctionnaire a été explicite sur les conséquences pour ceux qui ne se regulariser. "À partir du premier août, toute personne se trouvant sur la voie sans être légalement régularisée, sans l'autocollant de permis spécial, sera réprimandée", a-t-il souligné.
Le processus de légalisation se déroule municipalité par municipalité et inclut certaines flexibilités : les conducteurs qui ne justifient pas de trois ans d'expérience au volant recevront un permis spécial provisoire jusqu'à ce qu'ils remplissent cette condition.
L'affiliation au système de transport est volontaire, bien que les autorités cherchent à persuader les opérateurs de rejoindre des points de collecte avec des tarifs fixés par les gouvernements municipaux. Un service de porte à porte sera également autorisé avec des prix différenciés.
García a reconnu que de nombreux tricycles sont exploités par des personnes qui ne sont même pas leurs propriétaires et que de nombreux conducteurs travaillent sans permis.
"Dans aucun pays au monde, tu ne peux violer le fisc sans contribuer au budget de l'État", a-t-il souligné.
La paradoxe est difficile à ignorer. Le gouvernement cubain a promu les tricycles électriques comme alternative face à l'effondrement des transports publics et à la pénurie critique de carburant, mais il les a laissés fonctionner sans aucun cadre réglementaire efficace pendant des années.
En Sancti Spíritus, l'effondrement a été particulièrement sévère : en mai 2026, presque toutes les lignes de transport intermunicipales et interurbaines ont été suspendues en raison d'un manque de diesel, ne maintenant qu'une seule sortie quotidienne vers La Havane. Face à ce vide, les tricycles privés sont devenus la seule alternative réelle de mobilité, facturant des tarifs que le délégué lui-même qualifie d'« astronomiques ».
Le schéma s'était déjà répété à Matanzas, où en juin les tarifs ont doublé du jour au lendemain, atteignant 300 pesos par trajet. Le gouvernement local n'est intervenu que pour fixer des prix réglementés, suite à l'indignation massive des utilisateurs.
Le cadre légal qui soutient la régularisation actuelle est l'Instruction N° 1 de 2026 du Mitrans, qui permet d'accorder des Licences d'Opérations de Transport de manière exceptionnelle et temporaire - d'une durée d'un an et jusqu'au 31 décembre 2026 - aux détenteurs de tricycles électriques, en utilisant le numéro de châssis comme référence lorsque le véhicule ne dispose pas de plaque d'immatriculation.
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