
La pénurie de combustible à Cuba continue d'impacter le transport interprovincial au point de provoquer des retards dans les trains nationaux et des perturbations dans d'autres services, malgré la réduction drastique des fréquences mise en place par le gouvernement depuis juin pour s'adapter à la disponibilité limitée de diesel.
Le Ministère des Transports a reconnu ce lundi, dans une note d'information publiée sur ses réseaux sociaux, qu'au cours des dernières semaines, il n'a pas pu garantir normalement les horaires prévus en raison précisément du manque de carburant.
«Au cours des dernières semaines, des perturbations des horaires de circulation des trains ont été constatées, et dans une moindre mesure, celles des départs des embarcations et des autocars, en raison de l'absence de combustible nécessaire pour les services en temps voulu», a admis l'organisme.
La reconnaissance est particulièrement significative car elle survient alors que le transport national fonctionne déjà avec des fréquences extrêmement réduites depuis le 18 juin dernier.
Les trains nationaux ont alors commencé à fonctionner avec une seule sortie tous les 16 jours vers Santiago de Cuba, Guantánamo, Holguín et Bayamo-Manzanillo, tandis que les Ómnibus Nacionales étaient limités à trois fréquences hebdomadaires depuis La Havane vers les capitales provinciales.
Même avec ce schéma minimal, le combustible disponible ne suffit pas à garantir que les services partent à l'heure prévue.
Selon des données divulguées en juillet, les réductions ont représenté une baisse de 74% des opérations mensuelles des trains nationaux par rapport aux périodes de fonctionnement optimal du chemin de fer cubain.
Les conséquences du manque de carburant ont directement touché les voyageurs.
Le ministère lui-même a reconnu que les retards ont contraint à adopter « des actions pour garantir la présence des passagers dans les gares », une formulation qui montre que des voyageurs déjà arrivés aux terminaux ont dû y rester en attendant le départ de leurs moyens de transport.
Le communiqué, cependant, ne précise pas combien de trains, d'autobus ou d'embarcations ont été affectés, combien de temps les passagers ont dû attendre, quelles ont été les lignes avec le plus de retards ou si certains services ont été annulés.
Il ne fournit pas non plus de prévisions sur le moment où l'approvisionnement en carburant pourrait se stabiliser.
L'une des mesures annoncées ce lundi reflète justement l'incertitude qui entoure la planification des transports : les billets ne pourront être réservés que trois jours à l'avance.
Le ministère lui-même reconnaît que la décision est liée à « des difficultés d'approvisionnement en carburant pour assurer le respect des départs programmés ».
En pratique, la réduction du délai met en évidence les difficultés des autorités à garantir avec plus d'anticipation qu'un train, un autobus ou un bateau disposera du carburant nécessaire pour effectuer le voyage prévu.
Le manque de diesel n'est cependant pas le seul problème reconnu par l'organisme.
Dans le même communiqué, le Ministère a admis que le mécanisme utilisé depuis juin pour distribuer les billets rares a généré « des causes et des conditions pour la survenue de faits de corruption et d'indiscipline dans l'attribution des capacités ».
Les irrégularités, ajoutées à la « mauvaise gestion des réservations dans certains territoires », ont également provoqué une paradoxe difficile à expliquer dans un pays où obtenir un billet interprovincial est devenu une odyssée : certains services sont partis sans occuper toutes leurs places disponibles.
Le problème s'est principalement produit dans les trains et lors de la connexion maritime avec l'île de la Jeunesse.
Face aux difficultés accumulées, le Ministère a décidé de modifier à nouveau le système de commercialisation et de restituer la vente de billets aux agences de l'Entreprise Viajero dans toutes les municipalités où ces bureaux existent.
À partir du mercredi 12 août, les agences commenceront à vendre des places pour des voyages programmés à partir du 15. Les places non vendues à l'avance pourront être achetées le même jour du départ dans les gares correspondantes.
L'application Viajando, quant à elle, restera hors service pendant que des travaux techniques sont réalisés, sans que les autorités n'aient annoncé de date pour sa réactivation.
Derrière les retards, les coupes et l'incertitude concernant les départs, subsiste une crise de combustible qui s'est étendue à pratiquement tous les secteurs de la vie quotidienne à Cuba.
En mai, le ministre de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy, a admis que Cuba ne disposait ni de diesel ni de fioul, au milieu d'une grave contraction des approvisionnements énergétiques.
Un mois auparavant, les Nations Unies avaient averti des conséquences de l'insuffisance de combustible pour les services essentiels, avec des impacts sur le transport, la santé, l'approvisionnement en eau et la distribution des aliments.
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