
Le gouvernement cubain a commencé à établir la procédure pour attribuer par appel d'offres la gestion des établissements gastronomiques du Système d'Assistance à la Famille (SAF) à d'autres acteurs économiques, y compris le secteur non étatique, dans le contexte des difficultés croissantes de l'État à maintenir seul ce programme destiné aux personnes vulnérables.
Le Ministère du Commerce Intérieur (Mincin) a détaillé ce vendredi les étapes que doivent suivre les entreprises municipales de Commerce lorsqu'elles décident de modifier la gestion administrative des établissements offrant des services au SAF.
Le premier pas sera de divulguer publiquement la « possibilité de gestion par d'autres acteurs économiques », ainsi que la liste et l'emplacement des établissements disponibles dans chaque municipalité. Les intéressés auront 7 jours ouvrables pour soumettre leurs projets.
Une fois les propositions reçues, l'entreprise municipale devra les évaluer et décider si elle lance un appel d'offres public ou restreint. Par la suite, un cahier des charges sera élaboré avec les conditions et exigences pour gérer l'établissement, et le processus sera officiellement ouvert.
Selon la procédure divulguée par le Mincin, la réception des offres et la sélection des soumissionnaires avec les meilleurs projets devront être réalisées dans un délai de 10 jours ouvrables à compter du début de l'appel d'offres, avec la participation de la Direction Municipale du Commerce.
L'attribution ne sera pas automatique. La proposition sélectionnée devra être présentée au Groupe d'Attention aux Politiques Sociales de la circonscription du Conseil Populaire et ensuite au Conseil d'Administration Municipal pour approbation.
Une fois le nouveau gestionnaire choisi, les autorités devront définir ce qu'il adviendra des fournitures et des actifs fixes existants, du statut des travailleurs et des contrats de fournitures et de services, qui pourront être annulés afin d'être mis à jour au nom de l'acteur économique qui sera désigné adjudicataire.
Le dernier étape sera la signature d'un contrat qui obligera le nouveau gestionnaire à maintenir la prestation du service du SAF et établira, entre autres aspects, les conditions d'utilisation du bien, un plan de maintenance et de récupération de l'équipement, le traitement des actifs existants et la relation avec les organismes et facteurs communautaires liés au programme.
Le contrat prévoit également l'utilisation du Manuel d'Identité du SAF et de sources d'énergie renouvelable pour la gestion du service, selon les informations publiées par le Commerce Intérieur.
Dans les zones rurales et difficiles d'accès où il n'existe pas d'établissements gastronomiques, il est même envisagé que le service puisse être offert par le biais de foyers de nutrition communautaire ou par des particuliers dans leurs domiciles.
L'ouverture représente une nouvelle étape dans la délégation de la gestion des cantines sociales à des mipymes, travailleurs indépendants et autres acteurs, tandis que l'État conserve le contrôle sur qui peut bénéficier de l'aide et du financement des subventions approuvées.
Le procédé développe le cadre juridique approuvé au début d'août. La , émise le 24 juillet et publiée le 4 août dans le Journal Officiel Extraordinaire n° 85, permet que le service soit fourni non seulement par des établissements d'État de commerce, mais également par des entités publiques disposant de cantines pour travailleurs, des formes de gestion non étatique et des institutions ou associations à but non lucratif.
La norme s'appuie également sur l'Accord 10418 du Conseil des Ministres, approuvé le 23 juillet, qui a expressément élargi la participation des prestataires du SAF.
L'Accord 10418 stipule que les directions provinciales et municipales des Finances et des Prix doivent accorder le financement destiné aux subventions des bénéficiaires.
Il souligne également que le système s'appuiera principalement sur les productions locales et l'autogestion pour son approvisionnement, tandis que les produits provenant de l'équilibre central et des dons ne seront distribués que lorsqu'ils seront disponibles.
Les nouveaux gestionnaires ne pourront pas opérer comme des restaurants privés conventionnels sans obligations sociales. La Résolution 14/2026 exige que les prestataires garantissent deux repas par jour, la sécurité et l'hygiène des aliments, des licences sanitaires et commerciales, la disponibilité d'eau, la capacité de cuisiner, des conditions adéquates pour le local et un service de livraison pour les bénéficiaires qui, en raison de leur état de santé, ne peuvent pas se déplacer.
Le SAF est destiné, selon le nouveau cadre légal, aux personnes âgées vivant seules ou avec d'autres adultes âgés sans soutien familial ; aux personnes en situation de handicap vivant seules et manquant de ce soutien ; aux adultes appartenant à des familles en situation de vulnérabilité sociale et ne disposant pas des conditions nécessaires pour préparer des repas chez eux ; et, de manière exceptionnelle, aux femmes enceintes issues de foyers vulnérables ayant besoin d'un soutien alimentaire.
La décision de rechercher des gestionnaires en dehors des entreprises d'État survient après des années de dégradation de ces services et d'une dépendance croissante à l'égard des contributions externes et du secteur privé.
Les entreprises privées et les dons internationaux avaient déjà été utilisés pour soutenir les cantines du SAF face aux difficultés pour garantir des aliments et d'autres ressources.
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