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José Daniel Ferrer, leader de l'Unión Patriótica de Cuba (UNPACU), a publié ce samedi un message direct au président Donald Trump dans lequel il exige que toute négociation avec le régime cubain aille au-delà de l'ouverture économique et mène à la fin de la dictature et à une transition immédiate vers la démocratie.
"@POTUS est notre ami, mais même aux meilleurs amis, il faut dire ce que nous voulons pour Cuba : #Liberté !!!", a écrit Ferrer. "Nous ne voulons pas de négociations qui ne produisent qu'une ouverture économique, nous voulons la fin de la tyrannie et une transition immédiate vers la démocratie", a-t-il ajouté, appelant à l'exprimer "sur les réseaux sociaux et dans les rues et places de Cuba, des États-Unis, d'Amérique Latine, d'Europe et du monde entier".
Le message arrive un jour après que Díaz-Canel ait confirmé publiquement l’existence de discussions de haut niveau entre Cuba et les États-Unis, stimulées selon ses propres mots par Raúl Castro. Cette confirmation a mis fin à des semaines de dénégations officielles du régime, ce qui a conduit Ferrer à qualifier le gouvernement cubain de "menteurs pathologiques" la veille.
Les négociations entre l'administration Trump et La Havane ont commencé à fuiter depuis début mars. Le 7 mars, Trump a révélé que Marco Rubio "est en train de parler avec Cuba en ce moment" et qu'il pourrait conclure un accord "en une heure". Selon Bloomberg, le plan américain vise à transformer Cuba en un pays financièrement dépendant des États-Unis — une sorte de "Cubastroika" — sans intervention militaire, avec un allègement des sanctions, une ouverture au tourisme et des accords sur les ports et l'énergie, ainsi qu'une sortie négociée possible pour Díaz-Canel qui maintiendrait la famille Castro au pouvoir.
Cette situation inquiète la dissidence cubaine, qui craint un accord similaire à la détente Obama-Castro de 2014-2016, qui a allégé les sanctions sans entraîner de véritables changements politiques. Ferrer, qui a été libéré par le régime le 13 octobre 2025 et envoyé en exil à Miami avec sa femme Nelva Ortega et trois enfants à la demande directe du gouvernement des États-Unis, maintient une position cohérente : il soutient la pression de Trump, mais rejette tout accord qui n'inclut pas la fin de la répression et des élections libres.
Le 9 mars, Ferrer avait déjà averti directement Trump et Rubio contre toute négociation sans conditions démocratiques concrètes. En février, il avait décrit la crise cubaine comme "la plus profonde de son histoire contemporaine" et avait proposé deux voies : une transition démocratique non violente ou une "action internationale chirurgicale" dirigée par les États-Unis.
La position de Ferrer coïncide avec celle d'autres secteurs de l'exil. En mars, des représentants de l'opposition ont signé à Miami le dit "Accord de Libération", qui propose trois phases —libération, stabilisation et démocratisation— avec un gouvernement provisoire pluriel et des élections supervisées. La campagne "Qu'ils s'en aillent !", lancée en février, exige également une transition vers une démocratie multipartite et la libération de plus de mille prisonniers politiques.
Trump, pour sa part, a résumé son analyse de la situation par une phrase directe : "Cuba est à la fin de la ligne. Ils n'ont pas d'argent. Ils veulent négocier." Pour Ferrer et la dissidence, cette position de force de Washington est précisément la raison pour laquelle le résultat des négociations ne peut se limiter à un accord économique.
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