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Les États-Unis ont exporté à Cuba un total de 2.548.110 dollars en essence et en fioul entre janvier et février 2026, selon des données publiées vendredi dernier par le Conseil économique et commercial États-Unis-Cuba.
Les chiffres, selon Cuban Trade, prennent une importance particulière en raison du contexte dans lequel ils se sont produits : la Maison Blanche avait imposé un embargo sur les importations de pétrole brut par l'État cubain et, en même temps, avait autorisé des ventes de carburant au secteur non étatique de l'île.
Le détail montre qu'en janvier, les exportations étaient modestes : à peine 87.746 dollars de fuel oil léger acquis à Galveston et Houston, Texas. En février, les chiffres ont considérablement augmenté, selon Diario de Cuba.
Les achats de fuel oil léger en février se sont élevés à 2.266.154 dollars, provenant de Galveston, Miami et La Nouvelle-Orléans.
À cela s'ajoutent 113 230 dollars de carburant plombé en provenance de Miami, 14 167 dollars de carburant sans plomb de Galveston et 34 703 dollars supplémentaires de Miami.
En ce qui concerne le fioul, 35 520 dollars ont été achetés à Miami et 109 820 à La Nouvelle-Orléans.
Le saut entre janvier et février coïncide avec la publication, le 25 février, d'un guide de la Oficina de Industria y Seguridad del Departamento de Comercio qui a autorisé formellement l'exportation de gaz et de produits pétroliers américains vers le secteur privé cubain, sous la licence d'exception connue sous le nom de "Soutien au Peuple Cubain", à condition que les ventes ne bénéficient pas au gouvernement, aux entités militaires ou d'État.
Cette politique s'inscrit dans la stratégie double de l'administration Trump : bloquer le carburant à l'État cubain tout en permettant —et en encourageant— son flux vers le secteur privé non étatique.
En janvier, Trump avait signé l'Ordre Exécutif 14380, déclarant Cuba une "menace inhabituelle et extraordinaire" pour la sécurité nationale et imposant des tarifs aux pays qui fournissaient du pétrole à l'île.
Mexique, qui représentait 44% des importations cubaines de pétrole brut, a suspendu ses expéditions le 27 janvier ; le Venezuela a également interrompu l'approvisionnement après l'arrestation de Nicolás Maduro.
À la fin mars, l'agence Reuters a confirmé que les fournisseurs américains avaient expédié environ 30 000 barils de carburant —soit environ 4,8 millions de litres— au secteur non étatique cubain depuis février, transportés dans environ 200 isotanks à bord de 61 navires à destination principale du port de Mariel.
Parmi les bénéficiaires figurent des boulangeries privées, des grossistes qui approvisionnent de petits marchés urbains et des magasins en ligne tels que Supermarket23.
Cette dernière avait notifié en février qu'elle suspendait les commandes en raison d'un manque de carburant, mais elle a ensuite repris ses opérations après avoir réalisé des importations depuis les États-Unis.
Les données montrent que l'embargo sur les hydrocarbures imposé par Washington est partiel : il impacte l'État cubain mais permet le flux de carburant vers le secteur non étatique.
Ainsi l'a reconnu le propre régime, qui a annoncé qu'il autoriserait les petites et moyennes entreprises à importer du carburant pour atténuer la crise énergétique.
Cependant, l'ampleur du problème dépasse largement ces expéditions. Cuba a besoin d'environ 100 000 barils par jour de carburant et ne produit localement qu'entre 40 000 et 45 000.
Les 30 000 barils envoyés par les États-Unis depuis février ne représentent qu0,5 % des besoins quotidiens historiques du pays.
Le vice-ministre cubain Argelio Jesús Abad Vigoa a admis le 21 mars que le pays était sans approvisionnements suffisants depuis trois mois, et les coupures de courant ont atteint des déficits allant jusqu'à 1.945 MW, avec des coupures pouvant atteindre vingt heures par jour dans certaines provinces.
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