Se marcha le Anatoli Kolodkin : Combien de jours de carburant le pétrole russe apporte-t-il à Cuba et comment sera-t-il utilisé ?



Tanquero Anatoli Kolodkin abandonne la Baie de Matanzas, avec la Guiteras en arrière-planPhoto © Facebook / José Miguel Solís

La sortie de Cuba du pétrolier russe Anatoli Kolodkin, après avoir terminé le déchargement d'environ 100 000 tonnes de brut dans la baie de Matanzas, marque le début d'une nouvelle phase : celle de mesurer combien de temps peut réellement durer cet approvisionnement au milieu de la crise énergétique que traverse l'île et comment il sera distribué.

Selon une analyse publiée sur les réseaux sociaux par le journaliste officiel José Miguel Solís, la cargaison —estimée à 100.000 tonnes de brut de type Urals— équivaut à environ 730.000 barils, après avoir appliqué le facteur de conversion habituel pour ce type de pétrole.

Le navire a déchargé le brut en environ 96 heures dans la baie de Matanzas, d'où sa distribution par cabotage vers différentes raffineries du pays a commencé.

Selon les estimations partagées dans cette analyse, le traitement du brut permettrait d'obtenir environ 292 000 barils de fioul, 255 000 de diesel et 109 000 de essence, ainsi qu'une fraction de gaz liquéfié.

Cependant, l'ampleur de l'envoi contraste avec la demande énergétique du pays. Dans les conditions actuelles, Cuba a besoin de dizaines de milliers de barils par jour rien que pour maintenir partiellement la production d'électricité.

Selon des données officielles de CUPET, l'approvisionnement pourrait couvrir entre sept et dix jours de consommation, en fonction du niveau de restrictions appliquées au système.

L'entreprise d'État a indiqué que le combustible sera prioritairement destiné à la production d'électricité — tant dans les centrales thermiques que dans les groupes électrogènes — ainsi qu'aux services essentiels, ce qui limite son impact direct sur la population.

Cela implique que l'envoi ne se traduira pas par une normalisation de l'approvisionnement, mais par une réduction temporaire des coupures de courant et le maintien de secteurs stratégiques pendant quelques jours.

En pratique, il s'agit d'un soulagement ponctuel, et non d'une solution structurelle. Comme l'ont déjà signalé des analystes et la couverture récente, le chargement ne couvre à peine qu'une fraction de la demande énergétique du pays.

La décision de permettre cet envoi a été justifiée par Washington en termes humanitaires, au milieu d'une crise qui affecte directement la population. Cependant, ce caractère exceptionnel ne change pas le fond du problème.

Le facteur clé est la durée : moins de deux semaines même dans le meilleur des cas. À partir de là, le système énergétique cubain redevient dépendant de nouveaux approvisionnements dans un contexte marqué par l'incertitude.

Le pétrole d'Anatoli Kolodkin offre ainsi un répit bref, mais confirme que la crise reste ouverte et sans solution à court terme.

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