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Miguel Díaz-Canel a rappelé la convocation ce jeudi à un acte politique à La Havane pour le 65ème anniversaire de la proclamation du caractère socialiste de la Révolution cubaine et a de nouveau fait appel au vers du hymne national : « Mourir pour la patrie, c'est vivre », en plein milieu de la profonde crise économique et énergétique que traverse le pays.
Dans un message publié sur X, le dirigeant a réitéré l'appel à "chanter à nouveau la glorieuse strophe" de l'hymne national.
L'événement commémore le discours que Fidel Castro a prononcé au même endroit le 16 avril 1961, lors des funérailles des victimes des bombardements aériens, un jour avant l'invasion de Playa Girón, lorsqu'il a proclamé le caractère socialiste de la Révolution.
Pour l'événement, la Comisión Provincial de Seguridad Vial de La Habana a ordonné le fermeture totale de plusieurs rues du municipio Plaza de la Revolución à partir de 05h00.
La convocation de ce jeudi n'est pas un fait isolé, mais la dernière livraison d'un schéma discursif que Díaz-Canel a répété devant des auditoires nationaux et internationaux ces derniers mois.
Le dimanche dernier, lors d'une interview de 53 minutes avec le programme "Meet the Press" de NBC News —la première d'un dirigeant cubain dans cet espace depuis Fidel Castro en 1959—, Díaz-Canel a déclaré : "Je n'ai pas peur. Je suis prêt à donner ma vie pour la révolution" et "S'il faut mourir, nous mourrons, car comme le dit notre hymne national : mourir pour la patrie, c'est vivre".
En cette même interview il a refusé de libérer plus de 1 200 prisonniers politiques, de célébrer des élections multipartites et de reconnaître des syndicats et une presse libre, des conditions que Washington exige pour normaliser les relations. Interrogé sur la possibilité de renoncer pour sauver Cuba, il a répondu avec irritation : Tu poses cette question à Trump ? Cette question vient du Département d'État ?
Le 7 avril, lors d'une interview avec Newsweek, il avait menacé d'une "guerre de guérilla" face à toute agression militaire des États-Unis et cita le même vers du hymne. Le secrétaire d'État Marco Rubio répondit par une seule phrase : "Je ne pense pas beaucoup à ce qu'il a à dire".
En mars, devant l'ex-leader de Podemos Pablo Iglesias, Díaz-Canel a été encore plus explicite : "Je te le dis avec la profonde conviction que j'ai, que j'ai partagée avec ma famille, que nous donnerions notre vie pour la révolution".
Ce discours de sacrifice et de résistance se répète alors que Cuba traverse sa pire crise depuis des décennies : des coupures de courant affectant plus de 60 % du territoire national, une pénurie généralisée de nourriture, de carburant et de médicaments, et un record historique de 953 manifestations enregistrées rien qu'en janvier 2026, selon l'Observatoire Cubain des Conflits.
Le tanker russe Anatoly Kolodkin est arrivé à Matanzas le 31 mars avec environ 700 000 barils de pétrole brut, ce qui est à peine suffisant pour couvrir un tiers des besoins mensuels du pays.
La consigne officielle du 1er Mai 2026, "La Patrie se défend", évoque également le même vers du hymne, consolidant un récit officiel qui appelle au sacrifice collectif, tandis que le régime évite d'assumer toute responsabilité pour le collapse que subit le peuple cubain.
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