La Bureau de Contrôle des Actifs Étrangers (OFAC), rattaché au Département du Trésor des États-Unis, a ajouté ce lundi les Brigades de Réponse Rapide, les Milices de Troupes Territoriales (MTT) et l'Association des Combattants de la Révolution Cubaine (ACRC) à la Liste des Nationaux Spécialement Désignés (SDN), dans le cadre d'une nouvelle vague de sanctions contre le régime cubain en vertu de l'Ordre Exécutif 14404.
La mesure place au centre des sanctions les Brigades de Réponse Rapide, considérées depuis des décennies comme l'un des principaux instruments de répression politique à Cuba.
Créées en juin 1991 par décision de Fidel Castro et du Parti communiste de Cuba, en plein Période spéciale, ces brigades sont constituées de civils proches du régime, de militants du PCC et de militaires en tenue civile agissant comme force parapolicière pour intimider et réprimer les opposants, les activistes et les manifestants.
Diverses organisations internationales, dont Amnesty International et Human Rights Watch, ont documenté pendant des années l'utilisation de ces brigades dans des actes de répudiation, des passages à tabac et d'autres agressions physiques contre des citoyens exprimant leur désaccord.
Sa actuación a particulièrement attiré l'attention lors des manifestations du 11 juillet 2021 (11J), lorsqu'ils ont opéré aux côtés du Ministère de l'Intérieur (MININT) et des Forces Armées Révolutionnaires (FAR) dans la répression des plus grandes manifestations antigouvernementales enregistrées à Cuba depuis des décennies. Human Rights Watch a alors documenté plus de 1 400 arrestations en à peine trois jours.
Un des cas les plus connus liés à ces structures a défrayé la chronique en avril 2025, lorsque le Service de l'immigration et du contrôle des douanes (ICE) a arrêté à Miami Daniel Morejón García, ancien président du Conseil de défense nationale à Artemisa et désigné comme membre des Brigades de réponse rapide. Les autorités américaines l'ont accusé de participation à des passages à tabac et des abus physiques contre des manifestants du 11J.
En mars 2025, le régime a organisé des exercices de préparation avec ces brigades dans les provinces de Guantánamo et Holguín, y compris des pratiques de tir et de manipulation d'armement, dans le but de "contrarrestar les actions de l'ennemi et de sauvegarder l'intégrité territoriale", selon les médias de propagande officiels.
En plus des Brigades de Réponse Rapide, l'OFAC a sanctionné les Milices de Troupes Territoriales (MTT), créées le 20 janvier 1980 sous la doctrine de la prétendue "Guerre de Tout le Peuple". Les MTT, classées comme entité gouvernementale, regroupent plus d'un million de membres sous la structure du Ministère des Forces Armées Révolutionnaires (MINFAR).
La liste comprend également l'Association des Combattants de la Révolution Cubaine (ACRC), fondée le 7 décembre 1993. Selon l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme, des membres de cette organisation ont participé à des actes de refus au cours desquels ils "menacent et agressent physiquement" des activistes et des opposants.
Ils sanctionnent également des entités économiques du régime
Dans la même décision, l'OFAC a élargi les sanctions à plusieurs entités étatiques considérées comme des sources de financement du régime cubain. Parmi celles-ci figurent le Ministère du Tourisme (MINTUR), le Groupe Entrepreneurial de Transport Maritime Portuaire (GEMAR), le Groupe Entrepreneurial du Commerce Extérieur (GECOMEX), la Corporation Antillana Exportadora S.A. (ANTEX) — liée au conglomérat militaire GAESA —, l'OSDE Caudal S.A. et les entreprises du secteur énergétique COREYDAN S.A. et ENETEC S.A.
De manière parallèle, le Département d'État a diffusé un communiqué intitulé "Further Sanctions on the Cuban Regime's Sources of Funding and Tools of Oppression" ("Nouvelles sanctions contre les sources de financement et les instruments d'oppression du régime cubain"), dans lequel il a encadré ces mesures comme faisant partie de la stratégie de Washington pour intensifier la pression sur les structures répressives et financières du Gouvernement cubain.
Il s'agit de la sixième série de sanctions appliquées en vertu de l'Ordre Exécutif 14404, signé par le président Donald Trump le 1er mai 2026. Les actions précédentes ont été dirigées contre GAESA et sa présidente exécutive, Ania G. Lastres Morera, le 7 mai ; la Direction de l'Intelligence et le MININT, le 18 mai ; le MINFAR, les CDR et l'ICAP ainsi que Miguel Díaz-Canel et d'autres figures de la hiérarchie, le 4 juin ; CUPET le 11 du même mois, et entités financières contrôlées par GAESA, le 23 juin.
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