Un enfant cubain est devenu cette semaine la voix de millions de personnes en décrivant en une seule phrase la réalité de son pays : devant une cafetière noircie par la suie du charbon, il a regardé la caméra et a déclaré sans hésiter : « Elle est noircissante parce que le communisme est ainsi. Parce que le communisme mène à cela ».
Le moment a été enregistré dans une vidéo publiée sur Facebook par son père, Eyder Tamayo, qui a accumulé des milliers de vues en quelques heures.
Le clip, d'un peu plus de deux minutes, montre le père de l'enfant en train de cuisiner un poulet dans une casserole noircie par l'utilisation de charbon de bois ou de bois de chauffage, tandis que le plus jeune raconte la scène avec une telle naturalité qu'elle est plus éloquente que n'importe quelle analyse politique.
La cafetière ternie qui apparaît dans la vidéo résume, en un seul objet domestique, six décennies de promesses non tenues.
«C'est ainsi que la situation de Cuba nous affecte», affirme l'enfant.
L'image n'est ni accidentelle ni exceptionnelle : elle est la norme pour des millions de Cubains.
Selon des données du Food Monitor Program pour le mois de juin, 80,4 % des foyers cubains ont vu leur capacité à cuisiner affectée en raison des coupures de courant, et 41 % ont dû recourir à du bois, du charbon ou du kérosène comme seule alternative pour préparer leurs aliments.
Le propre régime a reconnu ce recul lorsque, en mars, Miguel Díaz-Canel a ordonné «garantir des matériaux pour la cuisson, du charbon de bois au bois», une instruction qui confirme l'effondrement énergétique et l'abandon de toute prétention de modernité.
La vidéo établit également un lien avec la controverse la plus récente concernant le dirigeant cubain.
L'enfant invite les spectateurs à chercher « la dernière vidéo » de son père, qui porte sur « l'utopie de Díaz-Canel », en référence directe aux déclarations faites par le dirigeant à la presse étrangère : « L'utopie est à l'horizon… À quoi sert l'utopie ? À avancer ».
La phrase, tirée de l'écrivain Eduardo Galeano, a été massivement interprétée comme une échappatoire sans solutions réelles et a déclenché une vague de moqueries et d'indignation parmi les Cubains sur Internet.
Le jeune aborde également l'annulation du programme de parôle humanitaire, avec une frustration qui reflète celle de milliers de familles : « Alors, pourquoi ont-ils dû supprimer le parol ? Sinon, cela fait longtemps que nous aurions reçu le parol ».
Devant ce panorama, le père regarde la vidéo avec l'espoir porté sur Washington : « J'espère que Trump va libérer cela bientôt », à quoi son fils ajoute : « J'ai aussi confiance ».
Le contexte alimentaire qui entoure la scène est tout aussi grave.
Le ministre de l'Industrie Alimentaire, Alberto López Díaz, a admis en juin que le panier normé n'avait pas distribué d'huile, de poulet ni de yaourt depuis le début de l'année. Selon le Food Monitor Program, 96,91 % de la population cubaine n'a pas un accès adéquat à la nourriture et 33,9 % des ménages ont signalé une récente sensation de faim.
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