Le régime cubain promet une version mise à jour du programme pour "corriger les distorsions"



Les autorités cubaines lors de la séance du Conseil d'État au cours de laquelle elles ont évalué la mise à jour du programme économique, en pleine crise énergétique actuelle.Photo © Collage/Facebook/Asamblea Nacional Cuba

En plein milieu d'une crise énergétique que le propre Miguel Díaz-Canel a comparée aux années les plus difficiles de la Période Spéciale, le régime cubain annonce de nouveau une "actualisation" de son programme économique afin de "corriger les distorsions et de relancer l'économie".

Le Conseil d'État a évalué ce 11 février la nouvelle version du document, après un processus qui, selon des chiffres officiels, a inclus 76 172 réunions et 140 348 propositions. Le Premier ministre Manuel Marrero Cruz a informé que le plan était structuré en 10 objectifs généraux, 116 objectifs spécifiques, 438 actions et 308 indicateurs et cibles. La version finale sera à nouveau examinée par différentes instances avant sa publication.

L'annonce survient à peine quelques jours après que Díaz-Canel ait reconnu publiquement que le pays traverse une situation énergétique "complexe", avec un manque aigu de carburant depuis décembre 2025 et sans réception de pétrole vénézuélien. Le dirigeant a admis que des mesures "restrictives" viendront, il a demandé des sacrifices et a évoqué les stratégies de la soi-disant "option zéro" appliquées dans les années quatre-vingt-dix.

Alors que le discours officiel évoque la participation populaire et le contrôle depuis les quartiers, la réalité sur l'île demeure marquée par des coupures de courant qui dépassent huit voire douze heures dans plusieurs provinces, un transport paralysé et une production agricole affectée par le manque de diesel.

Ce n'est pas la première fois que le régime relance ce même programme. En octobre et novembre de l'année dernière, une version "actualisée" avait déjà été présentée, également soumise à des processus de discussion interne au sein des structures du Parti, des organisations de masse et des organes étatiques. Alors, comme maintenant, on promettait d'aligner objectifs, calendriers et responsabilités sans fournir de données concrètes sur l'impact réel dans la vie quotidienne des Cubains.

Lors de ce nouveau round, Marrero a également assuré que des directives avaient été approuvées pour faire face à la pénurie de combustibles, dans le but de "garantir la vitalité du pays" et de minimiser les impacts sur la population. Cependant, le gouvernement lui-même reconnaît qu'il y aura des activités qui devront être suspendues ou reportées.

Le schéma se répète avec des réunions, des chiffres de participation, des objectifs reformulés et des promesses d'efficacité, dans un contexte où l'inflation, la pénurie et la dégradation des services de base continuent d'affecter les familles cubaines tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'île.

Le contraste est inévitable. Tandis qu'au Capitole on parle d'indicateurs et d'objectifs, des millions de Cubains se retrouvent confrontés à un retour pratique à la logique de survie qui a caractérisé la Période Spéciale, avec une économie d'extrême nécessité, des restrictions et des appels constants au sacrifice.

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