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Le régime cubain a publié ce mercredi la version mise à jour du Programme Économique et Social du Gouvernement 2026, un document de planification que le premier ministre Manuel Marrero Cruz a présenté comme la "boussole" et le "feuille de route" pour relancer l'économie, alors que Cuba accumule une contraction de 23% de son PIB depuis 2019 et fait face à des coupures de courant pouvant aller jusqu'à 20-25 heures d'affilée.
Marrero Cruz a annoncé la publication via ses réseaux sociaux, soulignant que le programme a été élaboré "à partir de l'analyse de plus de 2 millions de personnes provenant de divers secteurs de la société" et qu'il est disponible sur la plateforme Soberanía et sur le site web de la Présidence de Cuba.
Le document est structuré en 10 objectifs généraux, 111 objectifs spécifiques, 505 actions et 309 indicateurs et cibles, une expansion par rapport au programme de 2025, qui comptait 106 objectifs spécifiques et 342 actions.
Le texte lui-même reconnaît des distorsions critiques, des déséquilibres macroéconomiques internes et des impacts externes sévères qui menacent la stabilité du pays, et admet que l'année 2026 a débuté "avec une fracture marquée dans l'ordre mondial".
Le régime attribue une part de la crise à l'embargo américain, qu'il accuse de tenter de "bloquer absolument l'approvisionnement en combustibles" du pays, et annonce avoir approuvé "des Directives Gouvernementales pour faire face à une pénurie aiguë de combustibles".
Le programme inclut également la report de IXe Congrès du Parti communiste de Cuba —ordonné par Raúl Castro en décembre 2025— comme argument motivationnel, le qualifiant de "un appel au combat" et "une opportunité de chercher des solutions propres à nos problèmes".
La présentation du document contraste avec les résultats du programme précédent : celui de 2025 n'a atteint que 51 des 90 objectifs prévus, avec une production sucrière à 42,5 % du plan et des revenus extérieurs à 88 % de ce qui était prévu, tandis que le PIB a enregistré une contraction de 4 % dans ce que le gouvernement lui-même a décrit comme un "scénario d'économie de guerre".
Pour 2026, l'Economist Intelligence Unit projette une nouvelle contraction du PIB de 7,2%, ce qui porterait la contraction cumulée depuis 2019 à 23 %. La crise énergétique s'est aggravée en janvier de cette année lorsque Venezuela a cessé de fournir entre 25 000 et 30 000 barils de pétrole par jour après l'arrestation de Nicolás Maduro, approfondissant les coupures de courant qui touchaient déjà la population.
L'économiste Pedro Monreal a souligné de manière constante que ces programmes n'attaquent pas les causes structurelles de la crise —le modèle centralisé contrôlé par l'État— mais qu'ils les approfondissent, car chaque expansion du commerce en devises renforce la segmentation du marché intérieur.
Le budget d'État 2026 prévoit un décit fiscal pouvant atteindre 74,500 millions de pesos cubains, avec des dépenses totales de 550,590 millions contre des recettes de 484,121 millions. Selon des données de mars 2026, 80% des Cubains considèrent que la crise actuelle est pire que la Période Spéciale des années quatre-vingt-dix.
Marrero Cruz a annoncé que "dans les prochains jours", il informera le peuple cubain des résultats de la consultation, des principales modifications du programme et "de l'avancée de sa mise en œuvre".
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