Des médecins cubains quittent le Guatemala après la fin de l'accord



Médecins cubains au GuatemalaPhoto © CubaMinrex

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Al moins 93 membres de la brigade médicale cubaine quitteront le Guatemala en avril, après la décision de ce pays d'Amérique centrale de ne pas renouveler le convention qui maintenait leur présence depuis 1998.

Selon la presse locale, le gouvernement guatémaltèque a entamé le processus échelonné de retrait, bien qu'il n'ait pas payé les billets de retour, malgré son obligation d'après l'accord signé avec Cuba, a indiqué le ministère de la Santé.

La solution est venue du secteur privé : "L'Ambassade de Cuba a conclu un accord avec des entrepreneurs guatémaltèques pour acheter les billets", a expliqué le ministère de la Santé au quotidien Prensa Libre.

La brigade médicale cubaine au Guatemala était composée de 412 collaborateurs au total, dont 333 médecins répartis dans 11 types d'établissements du réseau public de santé.

Le 45 % du personnel se concentrait dans les départements de Quiché, Petén et Alta Verapaz, principalement dans des zones rurales et des communautés d'accès difficile.

Après le premier groupe d'avril, un deuxième contingent est prévu pour partir en août 2026, bien que le Ministère de la Santé n'ait pas précisé le nombre de personnes concernées.

"Les démarches nécessaires seront effectuées pour acquérir les billets pour la Brigade Médicale Cubaine et les départs se feront de manière progressive", a indiqué l'institution.

Le processus a été officialisé par une lettre diplomatique signée le 6 janvier 2026 par le ministre Carlos Ramiro Martínez Alvarado, adressée à l'ambassade de Cuba au Guatemala.

Le document notifiait la non-renouvellement progressif des services des brigadistes dont la mission a atteint son terme ou se terminera selon le calendrier établi.

Le dernier accord formel a été signé en 2024 et reste en vigueur jusqu'en 2027, mais sans nouvelles reconductions de missions.

La sortie intervient également dans le cadre d'une enquête du Ministère Public (MP) guatémaltèque qui, au 24 mars, enregistrait plus de 60 plaintes contre des membres de la brigade pour usurpation de qualité professionnelle, non-respect des exigences légales et autres délits.

Le tournant guatémaltèque s'inscrit dans une offensive diplomatique de l'administration Trump.

À la mi-2025, le Département d'État, sous la direction de Marco Rubio, a imposé des restrictions de visa aux fonctionnaires centro-américains et à leurs familles liés aux missions médicales cubaines, qualifiées par Washington de schémas de travail forcé enrichissant le régime cubain.

La pression a déclenché une vague d'annulations régionales. Honduras n'a pas renouvelé son accord, qui a expiré le 25 février 2026, et 172 médecins cubains sont rentrés sur l'île le 5 mars.

La Jamaïque a notifié unilatéralement la résiliation de son accord le 4 mars, avec 277 professionnels retirés deux jours plus tard. La Guyana a constaté que Cuba retirait unilatéralement une brigade de plus de 200 médecins en février, après près de cinquante ans de coopération.

Pour combler les postes vacants laissés par la brigade cubaine, le ministère de la Santé guatémaltèque prévoit de faire appel à 1 400 épésistes, étudiants en médecine en dernière année des universités du pays, en plus d'embaucher du personnel national avec des incitations pour les postes difficiles à pourvoir.

La sortie du Guatemala représente un autre coup significatif au programme d'exportation de services médicaux cubains, l'une des principales sources de devises du régime de La Havane.

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