
L'ancien ministre et homme d'affaires colombien-vénézuélien Alex Saab, désigné par des procureurs américains comme le principal prête-nom et opérateur financier du président destitué Nicolás Maduro, s'est déclaré coupable ce mardi d'un chef d'accusation de conspiration pour blanchir des instruments monétaires et recevra sa condamnation le 20 janvier 2027.
Saab, âgé de 54 ans, s'est présenté devant la juge fédérale Kathleen M. Williams, au Tribunal du District Sud de la Floride, à Miami, qui a programmé pour cette date, à 14 heures (heure locale), l'audience de lecture de la peine.
Selon des documents judiciaires publiés mercredi, Saab a conclu un accord avec le Parquet, selon lequel il a accepté de remettre 195 millions de dollars de gains illégaux et de coopérer pleinement avec les enquêtes fédérales en cours, y compris des interrogatoires par des agents américains. Le Parquet a fixé un délai de 14 jours pour qu'il révèle les actifs liés aux délits, a indiqué l'agence EFE.
Le délit pour lequel il a été reconnu coupable entraîne une peine maximale de 20 ans de prison et une amende pouvant atteindre 500 000 dollars. Les procureurs ont indiqué qu'ils recommanderaient une peine inférieure au maximum et pourraient demander des réductions supplémentaires en fonction de l'étendue de sa collaboration.
L'ancien ministre de l'Industrie et de la Production Nationale du Venezuela (2024-2026) a accepté de « coopérer pleinement » avec le Département de la Justice américain (DOJ), en révélant « des informations et des témoignages véridiques et complets », ainsi qu'en fournissant « des documents, des enregistrements et d'autres preuves » demandés par les autorités.
L'escroquerie pour laquelle il a été accusé implique le détournement de fonds provenant de contrats du gouvernement vénézuélien, notamment ceux du programme public Comité Local d'Approvisionnement et de Production (CLAP) — conçu pour distribuer des aliments et des médicaments à la population — par le biais de sociétés fictives, de faux documents d'expédition et de comptes bancaires dans plusieurs pays pour dissimuler l'origine de l'argent.
La déclaration de culpabilité de Saab est considérée comme potentiellement décisive pour des enquêtes plus larges sur l'environnement chaviste, en particulier après la capture de Maduro par les forces militaires américaines le 3 janvier 2026.
L'histoire judiciaire de Saab accumule plusieurs chapitres. Il a été arrêté pour la première fois au Cap-Vert en juin 2020 alors qu'il faisait escale lors d'un vol vers l'Iran, et extradé aux États-Unis en octobre 2021 pour faire face à des accusations de blanchiment d'argent, de pots-de-vin et de conspiration.
En décembre 2023, il a été libéré dans le cadre d'un échange de détenus entre Washington et Caracas, et est retourné au Venezuela, où le gouvernement l'a accueilli en tant que figure politique. En foulant le sol vénézuélien, il a déclaré : « Je suis fier de servir ce gouvernement ».
Le tournant est survenu en février de cette année, lorsqu'il a été à nouveau arrêté au Venezuela. À la mi-mai, il a été déporté aux États-Unis et formellement accusé à Miami de blanchiment d'argent, de conspiration et de corruption envers des hauts fonctionnaires vénézuéliens afin de tirer profit de contrats gouvernementaux.
Sa confession et la coopération convenue avec le parquet ouvrent une nouvelle voie d'enquête criminelle contre l'entourage du chavisme, dont l'ampleur dépendra en grande partie des informations que Saab fournira avant que la juge Williams ne rende son jugement en janvier.
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